Grippe aviaire : les éleveurs sur Facebook avec « Les canards en colère »
Les éleveurs en colère ce sont mobilisés sur Facebook en créant la page Facebook : « Les canards en colère »
Des éleveurs de volaille, spécialistes du foie gras, se sont mobilisés sur Facebook sous le nom de « Les canards en colère » pour rassembler leurs pairs des 18 départements du sud-ouest touchés par les mesures gouvernementales de lutte contre la grippe aviaire.
Sur Facebook, Lionel Candelon, fondateur du mouvement vieux de moins d’une semaine, a publié dimanche une lettre ouverte sur le site adressée au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.
Son objectif est d’obtenir « l’abrogation totale de l’arrêté du 15 (bien 15) janvier 2016 et proposant une nouvelle réunion de TOUS les acteurs de la filière, y compris les plus petits », y lit-on.
L’arrêté, qui doit être publié mardi, impose notamment l’arrêt de la production de palmipèdes durant au moins cinq mois.
« Les canards en colère » dénoncent cet arrêté. « Cette mesure soudaine et d’une brutalité inouie à pris de court des milliers d’exploitations agricoles et d’entreprises de nos régions sud-ouest », disent ces producteurs de foie gras tout en se déclarant « bien conscients que l’épizootie d’influenza aviaire qui sévit appelle des mesures de biosécurité importantes ».
Ils mettent en garde le ministre que « le remède fasse plus de dégâts que le mal » d’autant qu’« aucun expert » ne garantira l’éradication du virus.
Si l’arrêté n’est pas retiré, a menacé cet entrepreneur des Hautes-Pyrénées, fils et neveu d’agriculteur, « nous prévoyons de gros mouvement dans le sud-ouest. Nous n’avons plus rien à perdre, nous nous battrons jusqu’au bout », a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique avec l’AFP.
« La filière touche 100.000 personnes directement. Les couvreurs ont déjà fermé dans le Sud-Ouest et les gens sont déjà en chômage technique », a-t-il dit.
« Notre mouvement compte ce soir 2.763 membres -éleveurs et employés dans la filière, ainsi que des citoyens concernés- et nous allons créer une liste N2 parce que les sympathisants se multiplient », a-t-il déclaré à l’AFP.
Une liste ne peut accueillir que 5.000 membres, a-t-il expliqué rappelant que le mouvement date de mardi dernier.
« Nous n’avons de bannière ni syndicale ni politique. C’est un mouvement du peuple et je veillerai à ce qu’aucun groupe syndical ne le récupère », a affirmé cet ancien militaire, jugeant qu’aucun d’entre eux n’avait entendu la détresse des éleveurs depuis l’éclatement de la crise.
Aujourd’hui, a également ajouté le fondateur du mouvement, « nous avons estimé à un milliard d’euros les indemnités qu’il faudrait à la filière (en cas d’entrée en vigueur de l’arrêté). Le gouvernement ne les a pas ».
Cedric Davant Lannes, un agriculteur du Gers, a lancé une pétition en ligne pour appuyer ces revendications : «Je suis canard». Elle avait recueilli dimanche soir 1.417 signatures.