Grâce à une météo favorable, le ski retrouve des couleurs mais demeure sur ses gardes

Image d'illustration. Skiers navigating winter scenerySkieurs descendant une piste immaculée, appareils intelligents suivant leur vitesse et distance dans un paysage hivernal.
Après un début de saison difficile, les stations de ski ont profité d’un retour du froid et de chutes de neige pour redresser leur fréquentation. Si l’activité repart, les professionnels restent vigilants face à un avenir encore incertain.
Tl;dr
- Enneigement exceptionnel, fréquentation des stations en hausse.
- Fragilités persistantes face à l’incertitude économique et politique.
- Petites stations restent vulnérables malgré la bonne saison.
Une saison de ski marquée par l’abondance… mais des doutes persistants
À première vue, l’hiver 2024 aura offert aux montagnes françaises un certain répit. Grâce à un enneigement remarquable, les stations de ski ont pu respirer : nombreuses sont celles qui ont prolongé leur ouverture de quelques semaines, profitant d’un « produit neige encore très bon », comme le souligne Vincent Jay, président du collectif France Montagne. D’après l’Observatoire national des stations de montagne, le taux d’occupation des hébergements touristiques a même grimpé à 73 %, soit deux points de plus que l’an dernier.
Fréquentation soutenue malgré des disparités selon les massifs
Si la plupart des massifs ont séduit skieurs et amateurs d’activités nordiques, les vacances d’hiver n’ont pas tenu toutes leurs promesses. Deux semaines de mauvais temps conjuguées à un calendrier scolaire peu avantageux ont freiné la dynamique. Pourtant, selon Domaines skiables de France, le principal indicateur « journées-skieurs » affiche une hausse de 1 %. Même constat pour les activités nordiques avec une progression de 2 % du chiffre d’affaires, selon Nordic France. Mais la présidente Anne Marty reste lucide : « La fréquentation reste très soutenue, malgré de fortes disparités en fonction de l’altitude. »
L’ombre d’un modèle fragilisé par les incertitudes globales
Pourtant, derrière ces performances se profile une réalité plus nuancée. Les acteurs du secteur évoquent une conjoncture incertaine. « Tout le monde est dans une conjoncture et un avenir un peu incertains », confie Jérôme Camps, représentant de l’Union des entreprises Sport et Cycle. Plusieurs facteurs pèsent sur le moral des professionnels :
- Sensibilité aux turbulences politiques et géopolitiques nationales et internationales.
- Dépenses opérationnelles qui grignotent la rentabilité du secteur.
- Difficultés pour les petites stations à assurer leur survie.
Anne Marty insiste sur ce point : « Le ski porte notre modèle économique, mais la situation géopolitique mondiale et politique nationale n’incitent pas à l’euphorie totale. »
Avenir incertain pour les petites stations
Malgré la bonne tenue générale, certaines structures demeurent dans la tourmente. De modestes domaines tels que le Roc d’Enfer (Haute-Savoie), l’Alpe du Grand Serre en Isère ou encore la petite station associative des Egaux en Chartreuse, peinent à trouver leur équilibre dans ce contexte mouvant. Le constat posé par la Cour des comptes en 2024, dénonçant un modèle « à bout de souffle », continue donc de résonner auprès des acteurs du secteur.
L’hiver a rassuré provisoirement, mais ne dissipe pas toutes les inquiétudes sur la viabilité du modèle alpin français.