Avalanches meurtrières : 21 victimes déjà, quelles raisons derrière cette hécatombe hivernale ?

Image d'illustration. Une avalanche. ADN
Avec 21 personnes ayant déjà perdu la vie dans des avalanches cette saison, le nombre de décès inquiète professionnels et passionnés de montagne. Les conditions météorologiques particulières de l’hiver posent la question d’un risque accru sur les massifs alpins.
Tl;dr
- Hausse marquée des décès liés aux avalanches cet hiver.
- Instabilité persistante du manteau neigeux, risques accrus hors-piste.
- Prévention : attendre la stabilisation et s’équiper adéquatement.
Une saison déjà meurtrière dans les Alpes françaises
Au fil des semaines, les drames se succèdent dans les massifs alpins français. Dès le début de l’hiver, la série noire ne semble plus vouloir s’interrompre : deux skieurs ont encore perdu la vie lundi 9 février 2026, piégés par deux avalanches distinctes, à Sainte-Agnès dans le massif de Belledonne (Isère) et à Montgenèvre (Hautes-Alpes). Quelques jours plus tôt, deux amateurs de ski de randonnée étaient, eux aussi, emportés à Saint-Véran. Ces événements tragiques ne sont malheureusement pas isolés.
L’instabilité du manteau neigeux, facteur aggravant
Derrière cette surmortalité se cache un enchaînement météorologique défavorable. Après une première couche tombée à l’automne, la région a connu « 42 jours sans précipitation, avant l’arrivée d’une perturbation majeure début janvier », précise Stéphane Bornet, directeur de l’ANENA. Résultat : le nouveau dépôt de neige s’est accumulé sur un fond instable ou inexistant. Depuis ce fameux week-end du 10 janvier — marqué par six morts en deux jours — la situation ne s’est guère améliorée. Le froid intense ralentit la cohésion entre les différentes couches, tandis que le vent accentue l’instabilité du manteau.
Les données de l’ANENA, qui recense les accidents depuis plus de quarante ans, font état de 21 décès en seulement six semaines — soit autant que toute la saison précédente. Et avec d’importantes chutes annoncées sur certaines stations en pleine période de vacances scolaires, difficile d’être optimiste pour la suite.
L’explosion des pratiques hors-piste et ses dangers
Face à ces chiffres alarmants, un constat émerge : les victimes sont souvent des pratiquants du hors-piste ou du ski de randonnée. Profitant d’un généreux ensoleillement malgré le froid persistant, beaucoup se sont laissés tenter par la poudreuse fraîche… sans toujours mesurer le danger. La prévention a certes porté ses fruits auprès des amoureux de la montagne ; mais selon Stéphane Bornet, « les campagnes peinent encore à atteindre certains skieurs : manque d’équipement adapté ou défaut d’information sur le risque réel. » Par ailleurs, il avertit sur une possible banalisation du niveau 3 sur l’échelle européenne des avalanches : « Niveau 3 n’est pas synonyme de danger modéré ; c’est souvent là que surviennent les accidents. »
Sécurité et conseils essentiels pour cet hiver instable
Pour limiter les risques lors des prochaines sorties hors-piste, voici quelques recommandations simples mais cruciales :
- S’informer systématiquement via le bulletin BERA (Météo France).
- S’équiper impérativement : pelle, sonde et DVA pour chaque membre du groupe.
- Savoir patienter, même si la neige fraîche est tentante ; attendre sa stabilisation reste vital.
Et si possible ? Se faire accompagner par un professionnel expérimenté. Car comme le rappelle le directeur de l’ANENA : « Tout se joue dans les quinze premières minutes après un ensevelissement. Chaque minute compte. »
Alors que la saison bat son plein et que les stations enregistrent jusqu’à 50 cm supplémentaires par jour, vigilance et prudence devront plus que jamais être de mise pour éviter un bilan encore plus lourd.