En bref
- Baisse du gazole promise dès le 1er novembre
- Mesure limitée à environ trois mois
- Recul attendu entre 12 et 18 centimes
Les automobilistes ont désormais une date. Le gouvernement annonce une baisse du prix du gazole à partir du 1er novembre, après la mise sur le marché de 10 millions de barils détenus par la France. La mesure, elle, ne doit pas durer au-delà d’environ trois mois.
Une baisse annoncée à date fixe
Le calendrier est posé. Selon Sébastien Lecornu, la vente de ces volumes aux distributeurs commencera le 28 octobre et l’effet doit se voir à la pompe quelques jours plus tard, dès le 1er novembre. Un décret doit être pris dans les prochains jours pour encadrer l’opération.
Ces barils ont été achetés avant la crise d’Ormuz, ce qui permet à l’exécutif de les remettre en circulation à prix coûtant. C’est le levier choisi pour tenter de casser rapidement la flambée observée ces dernières semaines.
Combien les prix pourraient reculer
Le gouvernement estime la baisse entre 12 et 18 centimes par litre. C’est l’objectif affiché après la réunion organisée lundi matin entre Sébastien Lecornu et les distributeurs.
Du côté de TotalEnergies, Patrick Pouyanné a pris un engagement plus précis. Le groupe promet une baisse de 8 à 12 centimes par litre de gazole pour les particuliers, et de 20 centimes pour le litre de gazole non routier. L’écart montre une chose, les acteurs du marché ne s’avancent pas tous au même niveau.
Des distributeurs sous surveillance
Le gouvernement veut éviter qu’une partie de la baisse se perde en route. Il assure qu’elle figurera sur les factures à chaque étape de la chaîne et qu’elle sera aussi affichée dans les stations-service.
Francis Pousse, président du réseau Mobilians, n’a pas donné de chiffre. Il a expliqué que les stations traditionnelles hors grandes surfaces répercuteraient la baisse dès qu’elles recevraient du carburant remisé, leur marge restant fixe quel que soit le prix.
Pour les stations rurales, l’exécutif promet des avances de trésorerie et un fonds dédié. Environ 300 stations sont visées, afin qu’elles puissent réduire leurs tarifs sans attendre leur première livraison. En parallèle, les services de l’État contrôleront les prix et les marges, tandis que des données hebdomadaires sur les volumes libérés et les prix moyens seront publiées.
Un contexte politique et international tendu
Cette décision arrive en plein débat sur le pouvoir d’achat. La hausse des carburants s’est invitée dans la campagne présidentielle et nourrit des appels à manifester, notamment le 17 octobre.
S’ajoute un facteur extérieur. Patrick Pouyanné dit attendre une détente du marché après l’accord annoncé par Washington avec Moscou sur le gazole. Mais l’Union européenne redoute que cet accord aide la Russie à financer sa guerre en Ukraine. La baisse promise début novembre dépendra donc d’une mesure française, avec un effet limité dans le temps, sur un marché qui, lui, reste très exposé.