Chez le géant de la beauté Coty, 155 postes menacés en France sur fond de profits en hausse

Le groupe Coty prépare 155 suppressions de postes sur 200 en France. Une coupe massive qui intervient alors que son bénéfice trimestriel bondit.

Flacon de parfum devant deux salariés
Image d'illustration. Le plan social vise la filiale française de Coty. — ADN

En bref

  • Coty vise 155 suppressions de postes
  • Le groupe compte 200 salariés en France
  • Les syndicats préparent la riposte

Le contraste est brutal. Au moment où Coty annonce un bénéfice trimestriel de 106 millions de dollars, soit environ 98 millions d’euros, et une hausse de 64 % entre juillet et fin septembre, le groupe prépare en France une coupe massive dans ses effectifs. Selon la CGT et la CFDT, 155 postes sur 200 sont menacés.

Des comptes en hausse, puis un choc social

Le plan de sauvegarde de l’emploi a été présenté vendredi pour la France. Coty, maison mère de marques comme Bourjois, Rimmel, Marc Jacobs ou Calvin Klein, n’a pas confirmé les chiffres avancés par les syndicats. Le groupe explique en revanche que cette proposition suit un examen de ses activités et qu’elle vise une organisation plus simple, plus ciblée et plus durable.

Dans le détail, l’entreprise évoque une restructuration de l’activité beauté et une révision du modèle opérationnel de ses produits de prestige en France. Ce vocabulaire est classique dans ce type de dossier. Mais ici, l’ampleur du projet frappe tout de suite.

Une réorganisation déjà engagée

Ce qui se joue ne sort pas de nulle part. L’an dernier, Coty avait lancé une revue stratégique de sa branche de cosmétiques grand public. Le cap affiché était un recentrage sur la parfumerie, avec un rapprochement entre les divisions parfums prestige et grand public.

Le groupe avait déjà parlé de restructurations pouvant toucher 700 postes. Le dossier français s’inscrit donc dans une transformation plus large, où la logique industrielle compte autant que l’arbitrage financier.

Quels métiers sont visés en France

D’après la CGT, Coty emploie environ 200 personnes dans le pays. Une centaine travaille à Paris, notamment dans le marketing, le commerce et la chaîne d’approvisionnement. Environ cinquante autres occupent des fonctions de vendeurs et promoteurs sur le terrain.

Le point le plus sensible concerne les équipes de vente en grande surface. Près d’une centaine de postes dédiés à cette activité doivent disparaître, toujours selon le syndicat. Résultat, c’est toute la présence commerciale de certaines marques qui pourrait être redessinée.

Des syndicats très méfiants

La lecture des représentants du personnel est nettement plus dure. La CGT et la CFDT soupçonnent Coty de vouloir alléger fortement ses effectifs pour faciliter ensuite une éventuelle revente de marques de cosmétiques comme Bourjois et Rimmel.

Une réunion d’information est attendue fin novembre. D’ici là, les syndicats envisagent un rassemblement à Paris devant le siège du groupe. Le dossier dépasse donc le simple cadre d’une réorganisation interne, il pose aussi la question de l’avenir industriel de ces marques en France.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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