En bref
- Le gazole recule fortement en France
- Le déstockage public a commencé le 1er novembre
- Le pouvoir d’achat reste au centre
Le recul du gazole n’est plus marginal. En quelques jours, il s’observe dans des milliers de stations-service en France, avec un effet assez net pour les automobilistes.
Une baisse désormais visible dans tout le pays
Vendredi, le litre de gazole se vendait en moyenne 2,22 euros, contre 2,38 euros au milieu de la semaine précédente. L’analyse réalisée par l’AFP, à partir des données publiques de 9.197 stations, fait ressortir une baisse de 16 centimes par litre.
Du côté de Bercy, le recul est même évalué à 19 centimes en moyenne dans 7.600 des 10.000 stations-service. Et dans 4.000 d’entre elles, la baisse a dépassé 20 centimes par litre. Vu de la pompe, l’écart commence donc à devenir très concret.
Le déstockage public commence à produire ses effets
Cette détente sur les prix arrive quelques jours après le démarrage de la vente à prix coûtant d’une partie des réserves stratégiques de gazole. L’opération, annoncée en octobre, a commencé le 1er novembre.
Elle doit porter sur dix millions de barils en trois mois. Vendredi, selon Bercy, 3,6 millions de barils avaient déjà été mis en vente, soit un peu plus d’un tiers du volume prévu.
Le gouvernement a lancé cette mesure dans un contexte de flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. L’enjeu, derrière les chiffres, touche aussi à la précarité énergétique en France.
Pas seulement le diesel des voitures
L’opération ne concerne pas uniquement le gazole routier vendu à la pompe. Le fioul domestique est aussi inclus, tout comme le gazole non routier utilisé notamment dans l’agriculture et les travaux publics.
Plusieurs grands distributeurs avaient d’ailleurs bougé avant même les premières ventes de l’État. TotalEnergies, Intermarché, Coopérative U et E.
Leclerc avaient annoncé des baisses de prix dès le 31 octobre. À l’inverse, de plus petits distributeurs ont expliqué attendre encore de profiter eux aussi du déstockage.
Un sujet sensible pour le pouvoir d’achat
Pour le ministre de l’Économie, Roland Lescure, cette opération constitue « un vrai soulagement pour le pouvoir d’achat des automobilistes français ».
Le calendrier n’a rien d’anodin. Cette prise de parole est intervenue au lendemain d’une forte mobilisation de salariés du privé, de fonctionnaires et de retraités, avec le pouvoir d’achat parmi les principales revendications. Ce qui se joue ici dépasse donc le carburant seul: c’est aussi un test sur la capacité de l’État à agir vite quand l’énergie pèse trop lourd dans le budget quotidien.