Carburants : la baisse du gazole arrive, mais pas partout ce lundi

La réduction promise sur le gazole a commencé à apparaître ce 2 novembre 2026. Mais à la pompe, l’écart reste net selon les réseaux et les stations.

Vue large d’une station-service
Image d'illustration. À la pompe, l’écart reste net ce lundi. — ADN

En bref

  • Le gazole baisse, mais modestement pour l’instant
  • Les prix restent très variables selon les stations
  • Les petits distributeurs dénoncent des écarts persistants

Le litre de gazole affichait en moyenne 2,350 euros ce lundi 2 novembre 2026 au matin en France. La baisse annoncée par le gouvernement a donc bien commencé, mais elle reste encore discrète pour beaucoup d’automobilistes.

Les autres carburants relevaient aussi des niveaux élevés, avec un SP95 à 2,184 euros le litre, un SP95-E10 à 2,121 euros et un SP98 à 2,240 euros. Pour le diesel, le mouvement est réel, mais lent.

Un recul encore limité à l’échelle nationale

Entre samedi et dimanche, le repli observé sur le gazole n’a pas dépassé 3 centimes. D’après un calcul de l’AFP, le litre valait 2,352 euros dimanche à la mi-journée, contre 2,379 euros samedi vers 18 h 15.

Résultat, la promesse d’une baisse de 12 à 18 centimes par litre ne se voit pas encore pleinement dans les moyennes nationales. Et sur le terrain, les écarts restent importants d’une station à l’autre, selon les enseignes et les politiques tarifaires.

Pourquoi toutes les stations ne répercutent pas encore la mesure

Le dispositif annoncé en octobre repose sur la vente à prix coûtant de barils issus des stocks stratégiques aux distributeurs. Ces volumes sont déstockés par Sagess, qui gère ces réserves pour l’État.

Mais la mécanique prend du temps. Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip Énergies et mobilités, a expliqué auprès de l’AFP que la baisse ne pouvait pas apparaître partout dès dimanche, les contrats de cession devant encore être signés et régularisés avec les distributeurs. Du côté de Bercy, on assure que toutes les stations verront leur prix baisser dans les prochains jours.

Selon Blandine Ruty, il ne faut d’ailleurs pas attendre une baisse uniforme. Elle estime qu’à la pompe, le recul devrait plutôt tourner autour de 12 centimes.

Le cas TotalEnergies et les critiques des petits acteurs

Chez TotalEnergies, le mouvement avait commencé dès samedi 31 octobre. Le groupe avait indiqué un gazole à 2,15 euros le litre dans ses quelque 700 stations Access, son réseau à bas prix, qui pèse 60 % de ses ventes de carburants.

Depuis ce lundi, les autres stations du réseau hors autoroute sont elles aussi concernées, avec une application liée à l’évolution des marchés internationaux du diesel. Mais là encore, la baisse n’arrive pas partout au même rythme.

Cette situation fait réagir les plus petits opérateurs. Francis Pousse, du réseau Mobilians, dénonce une priorité donnée aux gros distributeurs pour l’accès aux volumes issus des stocks stratégiques, au détriment notamment des stations rurales. Il parle d’« écarts de prix qui sont insupportables ». La suite se jouera donc station par station dans les prochains jours.

Jérôme Nelra

Spécialiste Économie

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