En bref
- Nouvelles règles au 1er janvier 2027
- Le critère d’âge remplace la logique de carrière
- Certains métiers garderont le cumul intégral
Jusqu’ici, le cumul emploi-retraite distinguait surtout ceux qui avaient leur taux plein et les autres. À partir du 1er janvier 2027, la logique change. Ce sera d’abord une affaire d’âge.
L’âge devient la clé du dispositif
Le décret prévu par le gouvernement, dans le cadre de la réforme des retraites, durcit les règles pour les retraités qui continuent de travailler après avoir liquidé leurs droits. Le basculement est net, on passe d’un système lié à la carrière accomplie à un système centré sur l’âge au départ.
Avant l’âge légal, appelé à atteindre 64 ans, la règle sera la plus sévère. Si un assuré reprend une activité, la totalité de ses revenus d’activité sera déduite de sa pension.
Entre l’âge légal et 67 ans, âge d’annulation de la décote, le cumul restera possible mais sous conditions. Après 67 ans, en revanche, le cumul intégral sans plafond de revenus restera autorisé.
Un plafond à 7 000 euros pour beaucoup de retraités
Pour les départs intervenant entre l’âge légal et 67 ans, le retraité pourra cumuler sa pension avec jusqu’à 7 000 euros de revenus annuels. Au-delà, la moitié des revenus supplémentaires viendra réduire la pension.
Ce seuil n’est pas figé. Il sera revalorisé chaque année en fonction du plafond de la Sécurité sociale, lui-même indexé sur l’évolution des salaires.
L’enjeu est loin d’être marginal. La Cour des comptes estimait qu’en 2020, environ 710 000 personnes étaient concernées par le cumul emploi-retraite, pour un revenu moyen de 9 000 euros par an. Une partie non négligeable de ces retraités risque donc d’être touchée par ce nouveau mécanisme d’écrêtement.
Des professions restent totalement exemptées
Le texte prévoit quand même plusieurs dérogations. Certains métiers pourront continuer à cumuler intégralement pension et revenus, quel que soit l’âge de départ.
Sont concernés les assistants maternels, les assistants familiaux, les personnes qui accompagnent des personnes âgées ou handicapées, ainsi que les gardiens d’immeubles lorsqu’ils sont logés par leur employeur.
Autre exception, certains soignants installés dans des déserts médicaux. L’idée est claire, éviter de freiner des activités jugées indispensables dans des secteurs déjà sous tension.
Certains revenus accessoires échappent aussi aux limites
Le décret ne vise pas seulement des professions. Il laisse aussi de côté quelques revenus considérés comme accessoires ou patrimoniaux.
C’est le cas de l’hébergement en milieu rural dans des biens patrimoniaux. Même chose pour des activités à caractère artistique, littéraire ou scientifique.
Mais le point important est ailleurs. Cette réforme resserre le cadre général tout en gardant des portes ouvertes pour le soin, l’aide à la personne et certaines activités culturelles ou patrimoniales. C’est là que se jouera, concrètement, une partie des arbitrages des futurs retraités actifs.