En bref
- L’emploi chute nettement après 60 ans
- Un quart des 60 ans reste entre deux
- Le rapport veut agir plus tôt
Repousser l’âge de départ ne règle pas tout. En 2025, 61,7 % des 55-64 ans occupaient un emploi en France, un niveau record. Mais à l’approche de la retraite, la mécanique se grippe, puisque seuls 44,4 % des 60-64 ans travaillaient, contre 55 % en moyenne dans l’Union européenne.
Ce décalage met en lumière une limite du système actuel. L’âge légal recule progressivement, mais une partie des salariés quitte l’emploi plusieurs mois, parfois plusieurs années, avant de pouvoir toucher sa pension.
Après 60 ans, le décrochage reste net
Le constat est simple. Le marché du travail compte davantage de seniors qu’il y a vingt ans, mais cette progression ne tient plus vraiment après 60 ans. C’est là que se creuse l’écart entre la règle et la réalité.
Pour beaucoup, rester en activité jusqu’à la retraite n’a rien d’évident. Le chômage, l’usure professionnelle, les problèmes de santé ou la difficulté à retrouver un poste compliquent la fin de carrière.
Un quart des sexagénaires dans un entre-deux fragile
Les chiffres de l’Insee montrent que le phénomène est loin d’être marginal. En 2023, 25 % des personnes âgées de 60 ans n’étaient ni en emploi ni à la retraite. À 61 ans, cette part atteignait encore 24,3 %.
Dans ce groupe, certains sont au chômage. D’autres ont déjà quitté le marché du travail pour des raisons de santé, de handicap ou pour d’autres motifs. Résultat, une période d’attente s’ouvre, avec des ressources limitées et un risque sur les droits futurs à la retraite.
La santé au travail pèse avant tout
Cette sortie précoce n’est pas toujours choisie. Chez les 55-61 ans, 10 % sont en moyenne inactifs pour des raisons de santé ou de handicap. C’est le principal motif d’inactivité dans cette tranche d’âge.
Les métiers les plus physiques sont particulièrement exposés. L’usure accumulée au fil des années peut rendre le maintien au poste beaucoup plus difficile, ce qui explique pourquoi intervenir quand la rupture est déjà là arrive souvent trop tard.
Former plus tôt et adapter les postes
Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan défend une autre logique. Plutôt que d’attendre les dernières années de carrière, il faut préparer plus tôt la suite par la formation professionnelle. Previssima rappelle qu’elle aide à maintenir les compétences et à faciliter les changements de poste.
Or les seniors français se forment moins souvent que ceux de plusieurs pays européens où l’emploi des plus âgés est plus élevé. L’autre levier passe par l’organisation du travail, avec du temps partiel, une mobilité interne, un changement de poste ou une baisse progressive de l’activité. La retraite progressive fait aussi partie des options, en permettant de réduire le travail tout en touchant une fraction de la pension.
Le rapport pousse à agir avant la casse
Publié en juillet 2026, le rapport du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan ne propose pas seulement d’ajouter des dispositifs pour les plus de 60 ans. Il préconise une politique du vieillissement au travail associant État, entreprises et partenaires sociaux.
Prévenir l’usure, accompagner les mobilités, renforcer la formation et sécuriser les transitions vers la retraite, voilà la ligne. Avec, en toile de fond, une autre réalité bien connue, retrouver vite un emploi devient plus difficile avec l’âge.