En bref
- Zach Cregger préfère recréer la peur des jeux Resident Evil plutôt que copier leur scénario.
- Malgré ce choix, les premières critiques sont très positives.
- Le film Resident Evil de Zach Cregger montre qu’être fidèle à l’expérience peut compter plus que l’histoire.
Adapter un jeu vidéo au cinéma, on connaît le piège. Soit le film copie l’histoire et coupe partout, soit il recycle deux noms connus dans un univers qui ne ressemble plus à rien. Le nouveau Resident Evil de Zach Cregger prend un autre chemin, et c’est justement ce qui alimente le débat.
Le réalisateur de Barbarian et Weapons n’a pas repris une intrigue précise ni les personnages que les fans suivent depuis des années chez Capcom. Pas mal de joueurs l’ont mal pris, avec une critique simple, si le lien avec les jeux est si lâche, pourquoi utiliser le nom Resident Evil ? La question se tient. Mais les premiers retours racontent autre chose.
Un film qui reprend l’ambiance, pas le scénario
Le pari de Zach Cregger, c’est de faire un film qui ressemble à l’expérience d’un Resident Evil, plutôt que d’en condenser un épisode en deux heures. Et sur le papier, ça se défend clairement. Les jeux sont souvent longs, denses, avec des passages qui fonctionnent manette en main mais beaucoup moins bien sur grand écran.
Ici, l’idée est ailleurs. Le personnage principal évolue comme s’il était coincé dans une partie, face à des situations qui le dépassent franchement. Cette tension compte plus que la fidélité à un scénario existant. C’est aussi ce qui distingue ce film des précédents Resident Evil, souvent plus tournés vers l’action, avec des héros capables de gérer la menace sans vrai sentiment de danger.
Résultat, le film chercherait moins à cocher des cases de fans qu’à retrouver le malaise, la peur et l’incertitude qui ont fait la réputation des jeux.
Des critiques très au-dessus de la moyenne
Et les premiers chiffres pèsent lourd. Après 110 critiques recensées, Resident Evil affiche 96% sur Rotten Tomatoes, avec le label certified fresh. Pour une adaptation de jeu vidéo, c’est énorme.
Le plus proche, toujours selon ces scores, reste Sonic the Hedgehog 3 et Werewolves Within, tous deux à 86%. L’écart est encore plus net face à la saga cinéma Resident Evil elle-même, dont le meilleur score restait jusqu’ici Resident Evil: The Final Chapter avec 39%.
Même Resident Evil: Welcome to Raccoon City, pourtant bien plus fidèle aux jeux, avait été mal accueilli. Bref, la fidélité littérale ne garantit rien.
Le modèle Fallout, avec une nuance The Last of Us
Ce que montre aussi ce cas, c’est qu’une adaptation peut marcher en restant d’abord fidèle à un monde, à un lore, à un ton. La série Fallout est citée dans cette logique. Lucy MacLean, Maximus et the Ghoul n’existent pas tels quels dans les jeux, mais la série donne quand même l’impression d’être pleinement dans Fallout.
Le parallèle avec The Last of Us est plus nuancé. La saison 1 a été très bien reçue, mais l’épisode Long, Long Time, justement parce qu’il s’écarte et développe une idée seulement suggérée par le jeu, est présenté comme son sommet. La saison 2, elle, a suscité des réactions plus partagées sur certains changements.
Ce que raconte ce succès naissant de Resident Evil, c’est simple. Pour adapter un jeu, copier l’histoire n’est peut-être pas la meilleure idée. Recréer la sensation, si.