Resident Evil : l’adaptation impossible au cinéma ?

Image d'illustration. Resident evilCapcom / PR-ADN
Entre fidélité aux jeux et liberté créative, aucune version cinématographique de la franchise Resident Evil ne fait l’unanimité.
Tl;dr
- Resident Evil s’est imposé comme un pilier de la pop culture, avec de nombreux jeux, films, séries et autres projets dérivés.
- Les adaptations cinéma oscillent entre audace et fidélité, mais aucune ne satisfait entièrement fans et grand public.
- Les critiques d’une minorité virulente sur les réseaux sociaux amplifient les polémiques sur le casting et les changements mineurs des personnages.
L’héritage tentaculaire de Resident Evil
Depuis sa première sortie en 1996, Resident Evil est devenu bien plus qu’une simple série de jeux vidéo. Entre 28 opus vidéoludiques, plusieurs films, séries animées ou live-action, comédies musicales et même albums audio dramatiques, la franchise s’est imposée comme un pilier incontournable de la culture pop mondiale. Rien qu’en 2022, les spectateurs ont vu arriver sur Netflix une nouvelle adaptation télévsée centrée sur le personnage d’Albert Wesker, tandis que Sony Pictures Entertainment lançait peu avant Resident Evil: Welcome to Raccoon City en salles via Screen Gems. Malgré cette avalanche de projets, aucun lien réel n’unit ces adaptations, si ce n’est leur source commune.
Fidélité ou liberté : l’éternel dilemme des adaptations
L’histoire de l’adaptation de Resident Evil au cinéma débute avec le refus du scénario de George A. Romero, jugé trop violent. C’est finalement Paul W.S. Anderson qui impose son style : exit l’atmosphère oppressante du jeu, place à l’action spectaculaire et à un récit original porté par une héroïne inédite, Alice (Milla Jovovich). Cette approche audacieuse a généré six films et propulsé la franchise au sommet du box-office horrifique. Pourtant, beaucoup reprochent à cette saga de trahir l’esprit des jeux, malgré l’apparition çà et là de monstres iconiques ou de personnages familiers.
Le reboot Welcome to Raccoon City, mené par Johannes Roberts, promettait lui une fidélité quasi maniaque à l’ambiance des jeux originaux et à leurs décors cultes — commissariat, manoir Spencer… Les fans historiques y voyaient enfin le film d’horreur tant attendu. Mais le grand public n’a pas suivi ; certains choix artistiques ont même déclenché des polémiques.
L’influence délétère d’une frange toxique des fans
La réception mitigée de ces adaptations tient aussi à la virulence d’une minorité vocale sur les réseaux sociaux. Les décisions concernant le casting — notamment la présence d’acteurs racisés dans les rôles de Jill Valentine ou Leon S. Kennedy — ont essuyé un torrent de critiques. D’autres polémiques absurdes ont vu le jour : ainsi, la modification du costume de Jill dans le remake du troisième jeu a provoqué une levée de boucliers au nom du « respect du matériau d’origine », mais souvent teintée de misogynie à peine voilée.
Voici quelques exemples récents où cette toxicité s’est manifestée :
- Mise en cause des choix de casting pour motifs identitaires.
- Indignation au « woke » face à des ajustements mineurs des personnages.
- Dénonciations disproportionnées dès qu’une adaptation ose s’écarter du jeu.
L’adaptation parfaite : mirage ou chimère ?
Face à tant d’attentes contradictoires, satisfaire tous les publics paraît illusoire. La notion même d’adaptation réussie devient subjective : chaque sous-communauté a ses propres exigences — souvent irréconciliables avec celles des autres. La franchise a désormais dépassé son médium originel ; certains passionnés n’ont jamais touché une manette mais connaissent tout sur l’Umbrella Corporation, le virus-T ou les héros tragiques de Raccoon City.
Au fond, tenter d’unifier critiques et aficionados relève presque du pari impossible.