En bref
- Arnold Schwarzenegger est le réalisateur de Christmas in Connecticut.
- Il s’agit du remake d’un film de 1945 qui modernise son intrigue et multiplie les clins d’œil à la carrière d’Arnold Schwarzenegger.
- Resté méconnu, Christmas in Connecticut demeure une curiosité dans la carrière de l’acteur, davantage célèbre pour ses rôles devant la caméra.
Le seul long métrage réalisé par Arnold Schwarzenegger n’est ni un film d’action, ni de science-fiction. C’est Christmas in Connecticut, une comédie romantique de Noël sortie en 1992, et le plus surprenant reste presque ailleurs, le film n’est même pas passé par les salles.
Un détour unique et franchement inattendu
À ce moment-là, Arnold Schwarzenegger est déjà solidement associé aux gros bras, aux punchlines et aux machines. Pourtant, pour ses débuts au long métrage derrière la caméra, il choisit un remake d’un film de 1945 porté à l’époque par Barbara Stanwyck. Le projet arrive directement sur la chaîne TNT, en avril 1992. Pas vraiment la case qu’on imagine pour un film de Noël.
Et ça reste un cas isolé. À ce jour, c’est son unique film en tant que réalisateur. L’autre expérience de mise en scène signée Schwarzenegger se limite à un épisode de Tales from the Crypt, The Switch, diffusé en 1990.
Un classique des années 1940 remis au goût des années 1990
Le film original, mis en scène par Peter Godfrey, naissait dans un contexte très précis, la fin de la Seconde Guerre mondiale. On y suivait Jefferson Jones, joué par Dennis Morgan, embarqué dans un faux engagement amoureux, pendant que Elizabeth Lane, incarnée par Barbara Stanwyck, cachait sa vraie vie de célibataire new-yorkaise derrière l’image d’une parfaite ménagère du Connecticut. Toute la mécanique tenait sur les fausses identités et les quiproquos.
Dans la version de 1992, Janet Brownell et Arnold Schwarzenegger gardent cette base, mais déplacent tout vers le début des années 1990. Elizabeth, jouée par Dyan Cannon, devient une vedette d’émission culinaire qui ne sait pas cuisiner. Jefferson Jones, incarné par Kris Kristofferson, devient un homme des montagnes dont la cabane part en fumée après un sauvetage en forêt. Tony Curtis récupère aussi, via Alexander Yardley, plusieurs fonctions de personnages du film d’origine. Le point de bascule, cette fois, passe par un direct de Noël qui tourne mal.
Des clins d’œil à Schwarzenegger jusque dans le décor
Le détail le plus curieux, c’est que Arnold Schwarzenegger plane sur le film même sans y tenir de vrai rôle. Un personnage, Tyler, joué par Gene Lythgow, enfile des lunettes noires et lâche « Je reviendrai », avec la voix de Schwarzenegger rajoutée ensuite. Un peu plus tard, Twins apparaît à la télévision. Puis Arnold lui-même surgit en assistant de production anonyme pendant le direct d’Elizabeth.
Sur le papier, ça ressemble à des easter eggs. À l’écran, ça donne surtout des distractions en plus dans un film qui part déjà dans plusieurs directions.
Un objet de curiosité plus qu’un tournant de carrière
L’ironie est assez nette. Un an avant Last Action Hero, Arnold Schwarzenegger signe un film qui semble confirmer qu’il était bien plus à sa place devant la caméra. Plus tard, il trouvera pourtant un vrai classique de fin d’année comme acteur avec Jingle All the Way, en 1996.
Résultat, Christmas in Connecticut reste surtout une curiosité de carrière. Son existence intrigue davantage que le film lui-même. Et parfois, c’est déjà beaucoup.