En bref
- Les prochains Avengers devront donner une vraie place à une vingtaine de héros.
- La multiplication des univers et des intrigues risque de perdre une partie du public.
- Marvel doit privilégier une histoire forte et un méchant marquant plutôt qu’un simple défilé de super-héros.
Réunir plus de héros, ce n’est plus l’exploit. Le vrai test pour Marvel, maintenant, c’est de faire tenir ensemble une équipe géante, un multivers déjà chargé et une menace censée dépasser une simple invasion.
Une équipe devenue beaucoup trop large
Au début, les Avengers tenaient à six autour de la table. Et ça suffisait largement. Dans le premier film, chacun avait une raison claire d’être là, même quand Tony Stark frottait Steve Rogers à rebrousse-poil, que Thor gérait son propre chaos familial ou que Bruce Banner essayait encore de contenir Hulk.
Aujourd’hui, l’univers Marvel a changé d’échelle. Il y a des héros venus d’univers différents, des personnages qui se connaissent à peine, et une équipe dont la composition n’a jamais été officialisée clairement. L’estimation tourne autour de 15 à 20 personnages associés aux Avengers. Forcément, plus le groupe grossit, plus le risque augmente de voir certains rester plantés en arrière-plan. Et personne n’a envie de voir son perso préféré réduit au décor.
Endgame marchait pour une raison simple
Si la bataille finale de Avengers: Endgame a autant marqué, ce n’est pas seulement parce qu’elle alignait du monde à l’écran. Elle fonctionnait parce qu’elle arrivait après des années de construction. Le moment où Captain America soulève Mjolnir ne tombe pas du ciel, il récompense un long trajet.
Même les héros sans armure high-tech ni super-pouvoirs, comme Hawkeye et Black Widow, avaient leurs instants. C’est ça que les prochains films devront retrouver. Pas juste refaire la même image en ajoutant quelques visages en plus.
Le multivers complique tout, pas seulement le casting
Et là, ça se corse. Face à Thanos, l’objectif était lisible, récupérer les pierres et empêcher l’effacement de la moitié de l’existence. Avec la saga du multivers, les règles se sont multipliées. Loki a lancé les timelines divergentes, Spider-Man: No Way Home a réuni trois versions de Peter Parker, puis Doctor Strange in the Multiverse of Madness a ajouté le danger des incursions.
Le problème, c’est que chaque histoire a apporté ses propres codes. Pour les fans les plus investis, ça passe. Pour le public qui veut juste voir les Avengers sauver la journée sans avoir suivi toutes les séries Disney+, ça peut vite devenir touffu.
Marvel a surtout besoin d’un vrai moteur narratif
Les comics ont déjà montré une piste avec Jonathan Hickman et Secret Wars. Cette histoire réunissait plusieurs univers et plaçait Doctor Doom au centre d’un conflit total. Pas comme un simple méchant plus fort que le précédent, mais comme quelqu’un persuadé de pouvoir sauver le monde en prenant le contrôle.
C’est sans doute là que se joue l’essentiel. Un grand casting et un grand vilain, sur le papier, ça vend du rêve. Mais si le prochain Avengers ressemble à une leçon d’histoire de trois heures, l’effet retombe tout de suite.