En bref
- L’Insee abaisse la croissance 2026 à 0,4 %
- La France fait moins bien que ses voisins
- Pouvoir d’achat et investissement restent sous pression
Pendant que l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni gardent du rythme, la France cale. C’est le constat dressé par l’Insee, qui revoit sa prévision de croissance pour 2026 à 0,4 %, contre 0,7 % auparavant.
Le décalage n’est pas anodin. Il raconte une économie française qui a reculé de 0,2 % cet hiver, puis stagné au printemps, là où plusieurs voisins ont encore progressé.
La France ralentit pendant que ses voisins tiennent le cap
Pour Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l’Insee, ce fléchissement n’avait pas été anticipé. L’institut décrit une activité vigoureuse en Allemagne, toujours solide en Espagne, encore dynamique au Royaume-Uni, et régulière en Italie.
Face à cela, la France fait figure d’exception. La consommation privée reste atone, la consommation publique avance moins vite que chez certains voisins, et l’investissement souffre déjà.
Pourquoi l’Insee parle d’un décrochage
L’Insee pointe quatre freins majeurs. D’abord, la demande intérieure, jugée grippée. Ensuite, le retournement brutal dans les travaux publics, lié notamment au cycle électoral municipal.
Autre élément, les vagues de chaleur, dont l’effet pèse particulièrement sur l’économie française, surtout sur l’agriculture. L’institut chiffre cet impact à 0,1 point de croissance sur l’année.
S’ajoutent un marché du travail plus dégradé qu’ailleurs en Europe, avec un chômage en hausse et des salaires peu dynamiques, ainsi qu’une impulsion budgétaire moins favorable sur fond de finances publiques détériorées.
Une petite reprise, mais pas de vrai rebond
La suite de l’année serait un peu moins sombre. L’Insee attend une hausse du PIB de 0,1 % au troisième trimestre puis de 0,2 % au quatrième.
Certains freins devraient se desserrer. L’effet de la chaleur sur l’agriculture a déjà été intégré, la baisse de production dans les travaux publics s’atténuerait à l’automne, et le climat des affaires s’est repris après le choc provoqué par la guerre au Moyen-Orient.
Mais la reprise resterait modeste, avec une progression annuelle environ trois fois plus faible que chez les voisins de la zone euro ou au Royaume-Uni.
Le pouvoir d’achat redevient le point sensible
Pour les ménages, le sujet le plus concret reste le pouvoir d’achat. L’Insee prévoit une inflation à 2,9 % en fin d’année, contre 2,4 % en août, avec notamment une hausse passagère des prix des légumes frais.
Résultat, le pouvoir d’achat reculerait de 0,4 % sur l’année. La consommation des ménages ne progresserait que de 0,3 %, après des années 2024 et 2025 déjà peu dynamiques.
Les Français puiseraient davantage dans leur épargne, avec un taux ramené à 17,3 % du revenu brut après 17,8 % en 2025. Même logique côté investissement, qui repasserait dans le rouge en 2026, à -0,3 % pour les entreprises et -1,3 % pour les ménages. L’Insee souligne quand même des incertitudes, notamment sur l’effet de la canicule au troisième trimestre et sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient.