En bref
- Le gaz grimpe de 6,3 % en octobre
- Environ 6 millions de foyers sont touchés
- La guerre au Golfe pousse les prix
Pour une large part des abonnés au gaz, octobre commencera avec une facture plus lourde. La hausse vise surtout les ménages dont le contrat suit le prix repère, soit environ 6 millions de foyers en France.
Six millions de ménages directement concernés
La Commission de régulation de l’énergie, via la CRE, annonce une augmentation moyenne de 6,3 % du prix repère de vente du gaz au 1er octobre. Ce niveau atteindra 182,88 euros TTC par mégawattheure en moyenne.
Concrètement, l’autorité estime l’impact à 5,28 euros TTC de plus sur la facture moyenne du mois d’octobre. Les foyers concernés sont ceux qui ont souscrit une offre indexée sur ce prix, un mécanisme révisé chaque mois. À l’inverse, les ménages ayant choisi une offre à prix fixe ne subiront pas cette hausse.
Un prix repère redevenu central depuis 2023
Ce chiffre n’est pas un tarif réglementé. Depuis la disparition de ces prix en 2023, le PRVG sert surtout de point de repère. En gros, il guide les fournisseurs dans la fixation de leurs offres et permet aussi aux consommateurs de comparer plus facilement les contrats.
C’est ce rôle de boussole qui rend chaque variation très visible. Quand le PRVG monte, une grande partie du marché résidentiel suit, parfois presque mécaniquement.
Des marchés du gaz secoués par la guerre au Moyen-Orient
La CRE relie cette hausse à l’augmentation des prix sur les marchés de gros du gaz en août par rapport à juillet. Mais derrière ce mouvement, il y a un choc beaucoup plus large.
L’indice TTF néerlandais, référence du gaz en Europe, est passé de 31,470 euros par MWh le 27 février à 81,910 euros par MWh pour les contrats d’octobre. Cette flambée intervient depuis le début de la guerre dans le Golfe, déclenchée le 28 février par l’offensive des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Après cela, Téhéran a bloqué le détroit d’Ormuz. Or cet axe voit habituellement transiter près de 20 % du pétrole mondial, mais aussi 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Résultat, l’approvisionnement a chuté brutalement, et les prix des hydrocarbures ont suivi.
Une série de variations qui confirme la nervosité du marché
Cette hausse d’octobre n’arrive pas seule. Le prix repère avait déjà progressé de 7,4 % en juillet, avant de reculer légèrement de 0,8 % en août. En septembre, il était reparti à la hausse, avec +5,6 %.
Bref, la séquence raconte un marché très instable. Pour les ménages en offre indexée, cela rappelle surtout une chose: le prix du gaz ne dépend plus seulement de la consommation, mais d’un équilibre mondial qui peut se tendre très vite.