En bref
- Le cumul AAH-ASS s’arrête au 1er janvier 2027
- Environ 15 000 allocataires seraient touchés
- Le risque concerne revenus et retraite
Le changement paraît technique. Il ne l’est pas. Au 1er janvier 2027, le cumul entre l’AAH et l’ASS prendra fin pour environ 15 000 allocataires, avec à la clé une baisse de ressources pour des personnes déjà fragilisées.
Cette règle met un terme à une dérogation qui durait depuis dix ans. Et ce qui pouvait passer pour un ajustement administratif touche en réalité deux sujets très concrets, le budget mensuel et les droits futurs à la retraite.
Une dérogation de dix ans arrive à son terme
À partir de 2027, il ne sera plus possible de percevoir en même temps l’Allocation aux adultes handicapés et l’Allocation de solidarité spécifique. La mesure avait été votée dans la loi de finances pour 2017, avec une période transitoire de dix ans.
Pour les allocataires concernés, l’échéance sort donc du cadre théorique. Elle devient immédiate. La CAF est au centre de ce basculement, puisque cette fin de cumul modifiera directement les ressources versées à une partie des bénéficiaires.
Les allocataires visés ont peu de solutions de repli
Selon APF France handicap, près de 15 000 personnes en situation de handicap seraient concernées. Il s’agit surtout de demandeurs d’emploi de longue durée, souvent âgés de plus de 50 ans, dont le parcours professionnel a été freiné par le handicap.
L’ASS, fixée à 19,48 euros par jour, représente pour eux un complément de revenu important après la fin des droits au chômage. Sa suppression entraînerait donc une perte immédiate de pouvoir d’achat.
Mais le point le plus dur, c’est l’absence de compensation simple. Le cumul de l’AAH avec le RSA n’est pas possible. Résultat, pas mal de bénéficiaires risquent de perdre un appui financier sans solution de remplacement évidente.
La réforme pèse aussi sur la future pension
L’effet ne s’arrête pas au revenu mensuel. APF France handicap alerte aussi sur les conséquences pour la retraite, en parlant d’une double peine.
L’ASS permet aujourd’hui de valider des trimestres assimilés pour le calcul de la pension. C’est un point clé pour des carrières souvent incomplètes. À l’inverse, l’AAH n’ouvre pas ce droit. Les personnes concernées perdraient donc à la fois un complément de ressources et une possibilité de consolider leur pension future.
L’appel à une information rapide du gouvernement
Face à cette échéance, APF France handicap demande au gouvernement une communication claire et rapide. L’association veut que les bénéficiaires soient informés de l’impact concret de la mesure, mais aussi des démarches à effectuer avant 2027.
Bon, la réforme n’entre en vigueur que dans quelques mois. Mais pour les personnes concernées, l’enjeu est déjà là. Ce dossier dit quelque chose de plus large sur la protection sociale, quand une règle budgétaire finit par peser bien au-delà du compte en banque.