Canicule : hôpitaux débordés, premiers décès et tension durable

Les urgences montent en charge, les appels au 15 explosent et les premiers décès liés à la chaleur apparaissent. Le choc sanitaire pourrait encore s’aggraver.

Soignant avec brancard aux urgences
Image d'illustration. La canicule met les urgences sous tension. — ADN

En bref

  • Les hôpitaux publics approchent d’un seuil critique
  • Les appels au 15 bondissent dans plusieurs régions
  • Les premiers décès liés à la chaleur sont signalés

La canicule met déjà sous tension le système de soins. À Paris et dans son agglomération, le préfet de police a évoqué jeudi 25 juin une saturation des hôpitaux. Le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist a reconnu un changement d’échelle et le passage en gestion de crise, avec activation du niveau 3 du plan ORSAN.

Des urgences sous pression dans plusieurs régions

Dans la capitale, 25 arrêts cardiaques ont été recensés en vingt-quatre heures mercredi, contre moins de 10 habituellement selon le ministère. L’AP-HP a signalé jeudi soir une activité toujours plus forte aux urgences, dans un contexte déjà élevé. Les plus de 75 ans représentent 18 % des passages.

Les quatre SAMU de l’AP-HP ont aussi vu leur volume d’appels grimper de plus de 50 % par rapport à la même période de 2025. Le syndicat Samu Urgences de France parle, lui, d’un point de basculement avec une hausse d’environ 40 % des appels au 15. Dans les Hauts-de-France, la préfecture de région fait état d’une progression de 30 % jeudi, sur un an.

Les premiers décès apparaissent, le pire pas encore mesuré

Le ministère indique que les premiers décès probablement liés aux températures extrêmes sont désormais constatés. Et ils ne concernent pas seulement des personnes âgées déshydratées. Le cabinet cite aussi des jeunes victimes d’arrêts cardiaques, sans préciser combien de ces cas ont été mortels.

Les services d’urgence voient arriver des personnes âgées, mais aussi des cas graves d’hyperthermie maligne, une hausse rare et potentiellement mortelle de la température corporelle. Les médecins redoutent une surmortalité à brève échéance. Le décalage est connu : certaines décompensations de maladies chroniques surviennent cinq à dix jours après un épisode de forte chaleur.

Pour l’instant, la fédération des pompes funèbres, par la voix de Florence Fresse, dit ne pas observer de pic national de décès ni d’encombrement anormal des chambres funéraires. En parallèle, le bilan des noyades atteint 55 morts depuis le début de l’épisode. La ministre des Sports Marina Ferrari a rappelé que 65 % de ces noyades ont lieu sur des zones non surveillées ou interdites.

Quand la chaleur frappe aussi l’hôpital lui-même

Au Centre hospitalier du Mans, certaines chambres sont montées à 34 °C. Le syndicat Force Ouvrière dénonce des manques d’eau et de lait en gériatrie, des ambulances non climatisées approchant 40 °C, des climatiseurs déplacés d’un service à l’autre et des réfrigérateurs relevés à 11 °C.

Dans un hôpital de l’ouest de la France, un chef des urgences a expliqué qu’une réunion de crise avait conduit à déplacer des lits entre services, certaines chambres étant devenues intenables pour les patients. Là-bas, les urgences restaient stables jeudi matin, mais les appels au 15 avaient déjà augmenté de 20 %.

Des événements annulés face à des secours déjà dépassés

À Lyon, la marche des Fiertés prévue samedi a été annulée. Les organisateurs disent avoir reçu un avis défavorable de la sécurité civile, dans un contexte où les urgences et les secours sont déjà fortement mobilisés par la situation climatique.

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