Canicule au travail, l’idée des pauses obligatoires gagne du terrain

La Confédération européenne des syndicats presse l’Union européenne d’imposer des pauses fraîcheur en cas de forte chaleur. Le débat arrive en pleine vague caniculaire.

Ouvrier en pause avec eau sous chaleur
Image d'illustration. Les pauses chaleur au travail divisent l'UE. — ADN
  • La CES réclame des pauses fraîcheur obligatoires
  • La canicule augmente le risque d’accident au travail
  • L’UE n’impose encore aucune règle contraignante

La Confédération européenne des syndicats a demandé jeudi 25 juin 2026 à l’Union européenne d’imposer des pauses fraîcheur obligatoires pour les salariés exposés aux fortes chaleurs. L’organisation veut un droit à des pauses sans perte de salaire, alors qu’une vague de chaleur record touche une partie de l’Europe.

Une demande formelle adressée à Bruxelles

Dans le viseur de la CES, les métiers les plus exposés, comme les chauffeurs de bus, les ouvriers du bâtiment ou les cueilleurs de fruits. Le syndicat, qui dit représenter 45 millions de travailleurs, appelle la Commission européenne à fixer un cadre minimal applicable dans les 27 États membres.

Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, estime que « les pauses fraîcheur mises en place lors de la Coupe du monde ont mis en lumière les dangers que la chaleur extrême fait peser sur les travailleurs, ainsi que les mesures susceptibles d’être prises pour garantir leur sécurité ». Le message est simple. Si des sportifs ont droit à une interruption, les salariés exposés dehors ou dans des véhicules devraient aussi bénéficier d’une protection claire.

Le Mondial 2026 comme point d’appui

L’exemple avancé par la CES vient de la FIFA. Pour la Coupe du monde 2026, l’instance a instauré des arrêts de jeu de trois minutes au milieu de chaque mi-temps, afin de protéger les joueurs des fortes chaleurs prévues pendant le tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

Ces pauses servent aussi aux diffuseurs pour insérer de la publicité, ce qui agace une partie des téléspectateurs. Mais pour le syndicat, le sujet est ailleurs. Trois minutes ne suffisent évidemment pas à un ouvrier ou à un chauffeur de bus, mais le mécanisme montre qu’un travail adapté au climat peut être organisé.

Des risques mesurés quand le thermomètre grimpe

L’argument s’appuie aussi sur des chiffres. Le risque d’accident du travail augmenterait jusqu’à 7 % quand la température dépasse 30°C, puis jusqu’à 15 % à partir de 38°C.

Et le contexte pèse. Selon les données citées par la CES, au moins 94 millions de personnes devraient être exposées en Europe à des températures supérieures à 35°C pendant cet épisode de chaleur.

Pourquoi l’Union européenne peut encore agir

Chaque pays garde ses propres règles sur les conditions de travail. Mais l’Union européenne peut fixer des normes minimales de santé et de sécurité pour l’ensemble des 27 États membres.

Sur la chaleur, elle s’est jusqu’ici limitée à des recommandations aux entreprises, avec l’idée de prévoir des pauses en nombre suffisant pour permettre aux salariés de se rafraîchir. Rien, pour l’instant, n’est inscrit dans la loi européenne. C’est précisément ce que la CES veut faire bouger.

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