En bref
- TUSC7 aide à distinguer tissu sain et tumoral
- Le biomarqueur pourrait guider certains traitements
- Des études cliniques restent encore nécessaires
Le problème, avec le cancer du poumon, tient souvent en quelques mois perdus. Aux premiers stades, la maladie ne provoque généralement pas de symptômes. C’est pour cela que la recherche cherche des biomarqueurs capables de repérer plus tôt la tumeur, mais aussi d’aider à choisir des traitements plus précis, donc plus personnalisés.
Un cancer souvent détecté trop tard
En Espagne, le cancer du poumon est le tumor qui cause le plus de décès. Plus largement, il reste aussi la première cause de mortalité par cancer dans le monde. Ce poids sanitaire rappelle deux choses à la fois, la nécessité de renforcer la prévention du tabagisme, et celle de mieux comprendre la maladie pour améliorer sa prise en charge.
Dans cette logique, le diagnostic précoce compte énormément. Quand la maladie est identifiée tard, les options thérapeutiques se compliquent. D’où l’intérêt de travaux centrés sur des signaux biologiques suffisamment fiables pour détecter la tumeur avec plus de précision.
TUSC7, une piste jugée prometteuse
C’est dans ce cadre que des chercheurs du Centre GENyO, de l’Université de Grenade et de l’Institut de recherche biosanitaire de Grenade ont mis en avant un candidat prometteur, TUSC7.
TUSC7 appartient à la famille des longs ARN non codants. En gros, ce sont des molécules qui ne fabriquent pas de protéines, mais qui jouent un rôle important dans la régulation de l’activité de nombreux gènes. Un détail technique, oui, mais avec des conséquences très concrètes pour le diagnostic.
Ce que ce signal pourrait changer en pratique
Selon les résultats présentés par l’Université de Grenade, les niveaux de TUSC7 permettent de distinguer avec une grande précision un tissu tumoral d’un tissu sain. Ce n’est pas rien. Un biomarqueur utile doit justement séparer nettement les deux.
Le travail suggère aussi une autre utilité possible, aider à anticiper la réponse de certains patients à certains traitements. Pedro Pablo Medina Vico, chef de groupe au Centre GENyO, professeur à l’Université de Grenade et directeur de l’étude, estime que « notre travail montre que TUSC7 réunit beaucoup des caractéristiques recherchées pour un bon biomarqueur ». Il précise aussi qu’une validation dans des études cliniques reste nécessaire avant toute application, même si cette piste ouvre, déjà, une nouvelle voie vers une médecine personnalisée dans le cancer du poumon.
Symptômes et facteurs de risque à connaître
Les signes apparaissent souvent quand la maladie a déjà progressé. Parmi eux, on retrouve une toux persistante, un essoufflement, des sifflements respiratoires, une douleur thoracique, un enrouement, et parfois des crachats de sang.
Quand le cancer s’est propagé à d’autres parties du corps, d’autres symptômes peuvent survenir, comme des douleurs osseuses, des maux de tête, une perte involontaire de poids, une baisse de l’appétit ou un gonflement du visage ou du cou.
Côté facteurs de risque, le tabagisme reste central, avec un risque qui augmente selon la durée et l’intensité de l’exposition. Arrêter de fumer peut le réduire nettement. S’ajoutent les antécédents familiaux, l’exposition à la fumée du tabac, à des substances cancérogènes comme l’amiante, l’arsenic, le chrome ou le nickel, ainsi qu’une radiothérapie reçue au niveau du thorax pour un autre cancer.