En bref
- La plupart des diverticuloses restent sans symptôme
- Noix, graines et popcorn ne sont pas interdits
- Fièvre, sang ou douleur imposent de consulter
On peut avoir des diverticules sans être malade. C’est même souvent le cas. Le vrai sujet commence quand ces petites poches formées sur la paroi du côlon s’enflamment, avec une diverticulite qui peut aller jusqu’au saignement ou à la perforation.
Un trouble fréquent, surtout avec l’âge
Le chirurgien digestif Javier Martín Ramiro, du Hospital Universitario Severo Ochoa de Madrid, rappelle que la présence de diverticules dans le côlon s’appelle la diverticulose. Concrètement, il s’agit d’une protrusion de la muqueuse colique à travers des zones fragiles de la couche musculaire du côlon.
Avec l’âge, le phénomène devient beaucoup plus fréquent. La prévalence atteint environ 20% à 40 ans, puis 60% à 60 ans. Les diverticules se retrouvent dans tout le gros intestin, mais surtout dans le côlon sigmoïde, à 72%, contre 1% pour le cæcum. L’expert souligne aussi de fortes différences géographiques, avec des taux plus faibles au Japon, en Corée ou au Nigeria, et une localisation plus souvent située dans le côlon droit en Asie.
Les signes qui doivent alerter
Le plus souvent, la diverticulose reste silencieuse. Seuls 4% des cas présentent des symptômes. Mais certains signes doivent pousser à consulter.
- Une fièvre de 38 °C ou plus avec douleur abdominale, souvent à gauche
- Des selles très noires ou sanglantes, parfois avec vomissements
- Un changement du transit, en fréquence ou en consistance
L’âge moyen d’hospitalisation est de 64 ans. Mais les plus jeunes ne sont pas totalement épargnés, puisque 16% des admissions concernent des patients de moins de 45 ans, souvent pour une diverticulite du côlon gauche.
Ce qui favorise le risque de complication
La cause exacte n’est pas tranchée. Javier Martín Ramiro évoque des troubles de la motricité du côlon, avec des contractions trop fortes qui augmentent la pression à l’intérieur de l’intestin. Des anomalies structurelles du collagène pourraient aussi jouer.
En revanche, certains travaux n’ont pas démontré clairement de lien direct avec la constipation ou une faible consommation de fibres. Côté facteurs de risque, le tableau est plus net, avec une alimentation pauvre en fibres, riche en viandes rouges, en produits ultratransformés et en graisses, mais aussi le manque d’activité physique, l’obésité, l’alcool et le tabac. Pour ce dernier point, comme pour l’alcool, le risque de formes perforées augmente.
Suivi simple ou chirurgie, selon les cas
Quand une diverticulose est découverte par hasard, il n’y a habituellement ni traitement spécifique, ni antibiotique, ni examens supplémentaires. Les recommandations portent surtout sur l’hygiène de vie et la prévention de la constipation.
La chirurgie, elle, reste réservée aux complications, comme un saignement ou une perforation, ou aux séquelles de poussées antérieures, par exemple une fistule vers la vessie, un rétrécissement du côlon ou des épisodes répétés dans la même zone.
Le mythe des graines et des fruits secs recule
Pendant des années, on a conseillé d’éviter les graines, le popcorn ou les fruits secs. Ce conseil ne tient plus vraiment. Les données actuelles vont plutôt vers une hausse des fibres, via les fruits, les légumes ou le pain complet, sans contre-indication particulière pour les noix, les graines ou les fruits à coque.
Reste l’essentiel, et il est simple. Ne pas retarder la selle, bien s’hydrater, bouger régulièrement, et réduire les viandes rouges comme les graisses. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est là que se joue, quand même, une bonne part de la prévention.