En bref
- Le poids seul n’explique pas le mal de dos
- La posture est le point vraiment surveillé
- Le repère des 10 % reste indicatif
À chaque rentrée, le même réflexe revient, peser le cartable. Sauf que le sujet est plus large. Pour Javier Bonastre Férez, docteur en physiothérapie et coordinateur du diplôme de physiothérapie à l’Universidad Europea Valencia, il faut regarder au-delà du chiffre affiché sur la balance si l’on veut vraiment prévenir le mal de dos chez les enfants.
Le poids du cartable, une alerte souvent simplifiée
Le spécialiste estime que le poids du sac ne doit pas provoquer une inquiétude disproportionnée. Il rappelle qu’il n’existe pas de preuve solide montrant qu’un cartable lourd, à lui seul, serait responsable des douleurs de dos chez l’enfant.
Dans ce tableau, d’autres facteurs pèsent aussi, parfois davantage, comme le temps passé assis, l’activité physique, le sommeil, le stress ou encore la condition physique générale. Dit autrement, le cartable fait partie de l’équation, pas de toute l’histoire.
Ce que dit la grande revue scientifique citée
L’argument s’appuie sur une revue systématique publiée en 2018 dans le British Journal of Sports Medicine. Après examen de 69 études portant sur plus de 72.000 enfants et adolescents, les chercheurs n’ont pas mis en évidence de lien cohérent entre l’apparition d’un mal de dos et le poids du cartable, son design ou la manière de le porter.
Ce point compte, parce qu’il bouscule une idée très ancrée. On s’attend à une relation simple, plus le sac est lourd, plus le dos souffre. Les données évoquées ici racontent quelque chose de moins automatique.
Le seuil des 10 %, utile mais pas absolu
Le repère bien connu des 10 % du poids corporel n’est pas écarté, mais remis à sa place. Javier Bonastre Férez explique qu’il faut le comprendre comme une indication pour éviter de transporter du matériel inutile, pas comme une frontière nette entre sécurité et danger.
Il le formule ainsi, « cela doit être compris comme une référence indicative pour éviter du matériel inutile, et non comme une frontière biologique entre sécurité et danger ».
Les signes à surveiller et les bons gestes
Le vrai point d’attention, selon lui, c’est la posture. Un cartable peut modifier temporairement la façon de marcher ou de positionner son corps. Il faut donc observer des signaux concrets, un enfant qui se penche trop, qui peine à mettre ou retirer son sac, qui ressent une gêne au niveau des bretelles, ou une douleur pendant le trajet.
Pour un port plus adapté, il recommande d’utiliser les deux bretelles, de choisir des sangles réglables, de garder le sac près du corps et de placer les objets les plus lourds contre le dos.
Et le message de fond est presque plus important que le reste. Javier Bonastre Férez insiste sur le fait qu’il ne faut pas transmettre aux mineurs l’idée que leur dos est fragile. Mieux vaut alléger ce qui peut l’être, bien ajuster le cartable et encourager le mouvement, le jeu, le sport et des habitudes actives. C’est là que la prévention prend vraiment forme.