Besançon : elle fait une fausse couche à son domicile après avoir été renvoyée des urgences
Il y a dix jours, une femme enceinte de trois mois s'est rendue aux urgences de l'hôpital de Besançon pour de fortes douleurs. Après avoir été informée que son fœtus était mort, elle a été renvoyée chez elle, où elle a fait une fausse couche.
Ne comprenant toujours pas l’attitude du personnel l’ayant accueillie il y a dix jours aux urgences de l’hôpital de Besançon, Magdalena est dans l’attente de réponses. Dans la nuit du 16 au 17 août derniers, cette femme enceinte de trois mois est prise de « violentes douleurs ».
Elle parvient toutefois à se rendormir une fois l’épisode de douleurs passé. Mais à son réveil, Magdalena ne peut que constater l’étendue des dégâts : son lit était trempé et tâché de sang. « Impossible d’attendre ma prochaine visite de contrôle prévue le 23 août. C’était trop grave. J’ai attendu que l’hémorragie cesse et je me suis rendue, par mes propres moyens, au CHU Minjoz. J’y suis arrivée vers 8h20 », a-t-elle confié à l’Est Républicain.
Aux urgences, on la renvoie chez elle, son fœtus mort « sortirait tout seul petit à petit »
La prise en charge de Magdalena ne sera toutefois pas immédiate. On lui signifie ainsi que devant elle, on traite alors des urgences « plus sérieuses que la sienne ». Pourtant, son dossier mentionne bien des alertes similaires survenues au cours du dernier mois.
Après avoir été finalement reçue par une externe puis dirigée vers une interne pour une échographie, on apprend à Magdalena qu’elle est en train de faire une fausse couche et que son fœtus est mort. Si on lui fournit une ordonnance d’antidouleur, elle reste cependant ignorante sur les circonstances de son abondante perte de sang. « Le personnel m’a précisé que je pouvais rentrer chez moi et que le fœtus sortirait tout seul petit à petit », poursuit-elle.
L’hôpital l’invite à prendre contact avec la direction
Dès qu’elle embarque dans le tram pour rentrer chez elle, Magdalena est prise de douloureuses contractions : « À peine arrivée chez moi, j’ai senti qu’une petite masse était expulsée. Mon pantalon était recouvert de sang. Je me suis enfermée à la salle de bains et me suis dévêtue avant d’aller dans la baignoire vide. J’ai recueilli mon bébé dans les mains. Il mesurait environ 7 cm et était entier, formé. J’ai encore poussé 20 minutes pour rejeter le placenta. J’avais peur d’une infection et d’une hémorragie massive. »
Paniqué, son compagnon Alan alerte les urgences gynéco-obstétricales pour connaître la marche à suivre dans un tel cas. Dans un premier temps, on ne semble pas disposé à l’écouter. Et quand il peut enfin expliquer sa situation en demandant à revenir à l’hôpital, on lui répond par la négative : « La personne au bout du fil m’a dit que l’hôpital n’en ferait rien et que nous n’avions qu’à le mettre à la poubelle ! » Le généraliste du couple fera toutefois le nécessaire pour prévenir toute infection.
Aujourd’hui, alors que la direction de l’hôpital l’invite à prendre contact avec elle, Magdalena continue de s’interroger : « Pourquoi ne m’ont-ils pas gardée à l’hôpital, proposé une solution pour accélérer le processus ou un curetage, et donné un soutien psychologique ? Ils ne m’ont jamais demandé comment je me sentais, ni pendant, ni après. J’ai peur de retomber enceinte et de me retrouver dans la même situation. »