ASU : pourquoi le gouvernement remet en question son projet d’allocation de solidarité unifiée

Image d'illustration. Pile d'argentADN
Le gouvernement semble mettre en pause le projet d’Allocation de solidarité unifiée (ASU). Plusieurs facteurs, notamment les critiques sur son financement et ses modalités, conduisent l’exécutif à réévaluer cette réforme emblématique du système social français.
Tl;dr
- Le projet de loi ASU sera retravaillé après avis du Conseil d’État.
- Le gouvernement maintient son engagement malgré des réserves exprimées.
- L’inscription à l’Assemblée nationale reportée après l’été.
Des ajustements encore nécessaires pour le projet ASU
Attendu de longue date, le projet de loi sur l’allocation de solidarité unifiée (ASU) ne cessera donc pas d’alimenter les discussions. Si le gouvernement reste attaché à ce texte phare, il s’apprête désormais à revoir sa copie. En cause : plusieurs remarques du Conseil d’État, dont certaines portent sur des points jugés sensibles par le monde associatif et les collectivités locales.
Un engagement réaffirmé malgré les obstacles
L’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu a tenu à clarifier la situation dimanche 24 mai : le chef du gouvernement « tient beaucoup à ce texte et souhaite vraiment qu’on y arrive ». Cette détermination se reflète dans un travail de fond, mené depuis plus de six mois en concertation avec les associations, les partenaires sociaux ou encore les groupes politiques. Pourtant, admet-on en haut lieu, « des éléments doivent être encore travaillés » pour parvenir à une version consensuelle.
Interrogée sur France 3, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a balayé l’idée d’un abandon, insistant, elle aussi, sur « un engagement important du gouvernement » et la nécessité de poursuivre les échanges, notamment avec les forces politiques. Dans ce contexte, le gouvernement refuse donc tout enterrement du dossier.
L’ASU, promesse ancienne et attentes fortes
La fusion des prestations sociales sous la bannière de l’allocation sociale unique, promesse formulée dès 2018 par le président Emmanuel Macron, avait été relancée par ses prédécesseurs à Matignon, notamment Michel Barnier puis François Bayrou. Malgré ces relances successives, le texte continue d’évoluer au fil des consultations et des avis juridiques.
Dans une lettre adressée en février à la présidente de l’Assemblée nationale, le ministre chargé des relations avec le Parlement, Laurent Panifous, évoquait alors une arrivée du projet en mai devant la chambre basse. Finalement, selon le calendrier actualisé, son inscription ne devrait pas intervenir avant la pause estivale.
Doutes et réserves persistantes autour du projet
Certains acteurs n’hésitent pas à exprimer leurs craintes. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, mi-mai, soulignait déjà les réserves majeures émises par le Conseil d’État, particulièrement au regard de la « libre administration des collectivités ». Du côté des associations engagées contre la pauvreté, l’inquiétude grandit face au risque d’une diminution effective des aides pour les plus fragiles.
Reste désormais à voir comment seront intégrées ces différentes alertes dans la future mouture d’un texte que beaucoup considèrent comme décisif pour la refonte du système social français.