Alimentation, ce panier à prix coûtant qui arrive à l’Assemblée

Un député écologiste veut imposer un panier d’aliments sains vendu à prix coûtant. Le texte reprend une demande portée par 37 associations.

Panier d’aliments avec étiquette prix coûtant
Image d'illustration. Trente-sept associations portent cette demande. — ADN

En bref

  • Un panier sain à prix coûtant est proposé
  • Les distributeurs ne gagneraient rien dessus
  • Trente-sept associations soutiennent le texte

Se nourrir correctement coûte cher, et c’est précisément là que la proposition de loi déposée par Boris Tavernier veut agir. Le député écologiste propose de garantir l’accès à un panier d’aliments sains vendu à prix coûtant, avec une présence permanente dans les magasins.

Le texte est arrivé mardi sur le bureau de l’Assemblée nationale. Boris Tavernier doit aussi le présenter ce mercredi à la presse.

L’idée derrière le texte

Dans le détail, la proposition vise à obliger les distributeurs à mettre en place un panier de denrées alimentaires contribuant à la protection de la santé publique. Le point central, c’est le prix : ces produits devraient être vendus à un tarif qui ne dépasse pas leur prix coûtant.

Et ce ne serait pas une opération ponctuelle. Le député défend un dispositif installé dans la durée, de manière permanente, pas une campagne limitée dans le temps ni une promotion exceptionnelle.

Un mécanisme pensé comme neutre

L’argument de Boris Tavernier, c’est que la mesure resterait économiquement neutre pour les enseignes. Dans l’exposé des motifs, il explique que les distributeurs ne devraient ni perdre ni gagner d’argent sur l’ensemble des références composant ce panier.

Autrement dit, les supermarchés ne seraient pas censés financer le dispositif à perte. Le député souligne aussi que les produits concernés ne représenteraient qu’une part très limitée parmi les centaines de références alimentaires déjà présentes dans les rayons.

Il défend enfin une logique d’accès. Boris Tavernier estime, dans une formule très directe, que « Pouvoir se nourrir sainement ne devrait dépendre ni du niveau de revenu, ni du lieu de résidence ».

Une revendication déjà portée par les associations

Ce texte ne sort pas de nulle part. Début avril, trente-sept associations avaient adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour demander une loi d’urgence garantissant l’accès à cent produits sains vendus à prix coûtant.

Mercredi, ces mêmes trente-sept associations ont salué l’initiative de Boris Tavernier dans un communiqué. Elles jugent la proposition équilibrée, réaliste et applicable.

Le sujet dépasse donc la seule mécanique parlementaire. Derrière cette proposition, il y a une question très simple, mais de plus en plus sensible : est-ce qu’une alimentation saine peut encore rester accessible quand le budget courses devient, pour pas mal de foyers, une variable sous tension ?

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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