Accord Trump-Iran, Ormuz rouvert mais de grosses zones d’ombre

Image d'illustration. Le trafic maritime passe par Ormuz.ADN
Le cadre d’accord entre les États-Unis et l’Iran a été signé électroniquement avant une cérémonie vendredi à Genève. Ormuz rouvre, mais le texte reste flou.
En bref
- Le texte existe, mais reste non publié
- Le détroit d’Ormuz doit rouvrir vendredi
- Nucléaire et Liban restent très sensibles
Le cadre d’accord entre les États-Unis et l’Iran a déjà été signé électroniquement, mais son contenu complet n’est toujours pas public. C’est le point qui pèse sur la séquence. Donald Trump a annoncé une cérémonie vendredi à Genève, censée lancer 60 jours de négociations vers un accord final, pendant que les deux camps livrent des versions parfois contradictoires.
Un accord déjà signé, mais toujours invisible
Selon un haut responsable américain, Donald Trump, son vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, qui négocie pour Téhéran, ont déjà signé le texte de façon électronique. Donald Trump promet qu’il apportera la paix dans la région et laisse entendre qu’il pourrait être publié vendredi.
Mais l’absence de document officiel alimente les doutes. Côté iranien, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi a rappelé à la télévision d’État « Nous avons un passif d’engagements non tenus, non appliqués, abandonnés ». Il a aussi expliqué que Téhéran cherchait, dans le même temps, à créer des opportunités économiques.
Ormuz rouvre, avec la question sensible des frais
Le signal le plus concret, pour l’instant, vient du détroit d’Ormuz. Donald Trump a affirmé lundi soir qu’il serait « complètement ouvert » vendredi. Sur son réseau Truth Social, il a aussi indiqué que des navires, y compris transportant du pétrole, recommençaient à sortir de la zone.
Des médias iraniens ont annoncé que trois pétroliers et deux cargos de marchandises avaient déjà traversé l’axe maritime, jusque-là bloqué par la marine américaine. La diplomatie iranienne assure qu’il n’y aurait pas de péage au sens strict, mais des frais liés aux services rendus aux navires. JD Vance, lui, a dit à CNBC attendre une réouverture durable sans péage.
Argent, Liban, réparations, les points qui divisent
Les premières fuites iraniennes évoquent la fin immédiate de la guerre sur les différents fronts, y compris au Liban. Téhéran affirme aussi que la partie américaine s’est engagée à débloquer des fonds gelés à l’étranger et à verser des réparations. En face, JD Vance a répondu sur Fox News que l’Iran ne recevrait jamais d’argent du contribuable américain. Un haut responsable américain ajoute qu’aucun avoir sous sanctions n’a été débloqué à ce stade.
Reste le dossier libanais. Le porte-parole iranien Esmaïl Baghaï soutient que Washington doit garantir qu’Israël mette fin à la guerre au Liban. Or, lundi, une frappe israélienne a tué une personne dans le sud, puis le Hezbollah a affirmé avoir repoussé une avancée israélienne avec des roquettes et des drones. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, lui, déclaré que l’armée israélienne resterait au Liban aussi longtemps que nécessaire.
Le nucléaire au centre des 60 jours de négociations
Le futur cycle de discussions doit porter sur quatre volets, selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction avec le développement économique, et un mécanisme de suivi des engagements. Mardi, Donald Trump a assuré sur Truth Social que l’Iran avait accepté de ne jamais posséder d’arme nucléaire.
Téhéran veut aussi un accord final soutenu par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Dans le New York Times, Donald Trump a évoqué un moratoire de vingt ans sur l’enrichissement d’uranium, tout en laissant la porte ouverte à quinze ans. Enfin, selon JD Vance sur NBC News, des inspecteurs de l’AIEA doivent pouvoir entrer en Iran pour aider à détruire le stock d’uranium hautement enrichi.