- Ormuz rouvert, sanctions pétrolières suspendues
- Signature surprise depuis Versailles mercredi soir
- Deux mois de négociations techniques prévus
Le protocole signé entre Washington et Téhéran produit, sur le papier, des effets immédiats. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ce dossier, affirme que le détroit d’Ormuz est rouvert « instantanément » et que le blocus américain des ports iraniens prend fin « immédiatement ».
Première conséquence visible, les cours du pétrole ont reculé après l’annonce. Vers 2 heures du matin jeudi, le baril de Brent cédait 1,47 % à 78,38 dollars, soit environ 73 euros.
Des effets immédiats annoncés sur mer et sur le pétrole
L’accord doit aussi permettre le plein rétablissement de la circulation maritime dans Ormuz sous 30 jours, selon le texte présenté à des journalistes par un haut responsable américain. Ce passage est stratégique pour l’économie mondiale.
Mais tout n’est pas réglé. Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a prévenu à la télévision d’État que le détroit ne reviendrait pas à sa situation d’avant-guerre. Il a ajouté, en parlant de la suite, « L’Iran a un droit de souveraineté sur Ormuz et, bien sûr, nous percevrons une redevance pour ces services. »
Une signature à distance depuis Versailles
La scène, elle, a surpris. Mercredi 17 juin au soir, Donald Trump, encore au château de Versailles, a annoncé avoir signé à distance l’accord de paix avec l’Iran, aux côtés d’Emmanuel Macron.
En quittant les lieux, le président américain a lancé à la presse « Je viens de le signer ». La Maison Blanche et l’Élysée ont ensuite diffusé sur X une vidéo montrant Donald Trump signant le document, sourire aux lèvres, pouce levé. Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé la signature de Massoud Pezeshkiann.
Soixante jours pour transformer la trêve en accord durable
Le contenu du protocole était resté flou jusqu’ici, alors qu’une cérémonie était initialement prévue vendredi 19 juin en Suisse. Cette cérémonie aura bien lieu, mais pour marquer l’événement et lancer les discussions techniques, toujours selon Shehbaz Sharif.
Le texte prévoit que les États-Unis suspendent dès maintenant leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Puis une période de 60 jours s’ouvre pour négocier un accord définitif. Pendant ce délai, les deux pays doivent trouver un mécanisme pour traiter les stocks d’uranium enrichi iraniens, au minimum par dilution sur place sous la supervision de l’AIEA.
Le front libanais et la reconstruction restent sensibles
Le protocole inclut aussi la cessation des hostilités sur le front libanais. Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a parlé d’une « grande victoire » pour l’Iran et a appelé à « tirer profit » de l’accord pour « expulser Israël » du Liban. Il demande aussi l’arrêt des négociations directes engagées depuis avril entre Liban et Israël sous l’égide de Washington.
Le président libanais Joseph Aoun soutient, lui, que ce processus reste indépendant de l’accord américano-iranien. Des frappes israéliennes ont d’ailleurs continué ces derniers jours au Liban. Autre volet, en cas d’accord final, les États-Unis aideraient avec leurs partenaires régionaux à débloquer un fonds de 300 milliards de dollars, environ 279 milliards d’euros, pour la reconstruction de l’Iran, sans contribution financière américaine directe. Les membres du G7, réunis en France, y voient une opportunité historique pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire et traiter ses activités régionales et balistiques.