En début d’année dernière, dans le cadre de son émission Zone interdite, M6 avait diffusé un reportage sur l’islamisme radical à Roubaix. Ce sujet, proposé aux téléspectateurs de la chaîne le 3 janvier 2022, avait notamment valu à la présentatrice du programme Ophélie Meunier des menaces de mort. Lesquelles avaient motivé la mise en place d’un dispositif de protection policière.
Sujet sur l’islamisme radical dans « Zone interdite » : des témoins auraient été manipulés
Mercredi, il a été révélé que deux témoins du reportage ont décidé de porter plainte contre les auteurs du sujet. Le HuffPost, citant les déclarations de l’avocat de ces personnes, écrit que « rapidement, certaines personnes figurant dans le reportage dénonçaient une trahison de la ’journaliste’ ayant réalisé le reportage et affirmaient avoir été trompées, manipulées et escroquée ». Et Me Basson-Larbi de poursuivre : « Elles avaient accepté d’intervenir sur le sujet de la laïcité afin de promouvoir son respect et le vivre-ensemble pour finalement se voir stigmatisées et assimilées à de dangereux islamistes radicaux grâce aux artifices coupables d’un montage tendancieux et falsifié, d’une voix off à charge, et d’une musique anxiogène ».
Deux plaintes déposées lundi
L’avocat ajoute que « parmi ces victimes (…) figurent l’étudiante Lilia Bouziane – qui avait immédiatement dénoncé publiquement la trahison dont elle avait été victime – ainsi qu’un ancien chauffeur de la RATP dont les propos ont été trafiqués ». C’est lundi, à Paris, que ces deux témoins ont porté plainte contre la réalisatrice du reportage, la société Tony Comiti Productions et le groupe M6.
Une société de production « extrêmement fière du document »
La première plainte, simple, concerne des faits présumés d »‘escroquerie », de « recel d’escroquerie » et d' »atteinte à la représentation des personnes ». La seconde, avec constitution de partie civile, porte sur des faits supposés de « provocation à la haine en raison de la religion » et de « publication d’informations fausses de nature à troubler la paix publique ». Me Malka, avocat de la société de production mise en cause, déclare que « Tony Comiti est extrêmement fier de ce document qui a participé à ce qui est l’essence même du journalisme, investiguer, informer et faire bouger les lignes, malgré les menaces et les risques ».