En bref
- Volodymyr Zelensky répond à Marine Le Pen
- Il défend un intérêt français concret
- La France a versé 27 milliards d’euros
Aider l’Ukraine ne serait pas une perte sèche pour la France, selon Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a répondu jeudi 15 octobre 2026 à Marine Le Pen, qui a annoncé vouloir mettre fin au soutien financier à Kiev si elle était élue en 2027. Son idée est simple, la coopération militaire avec l’Ukraine apporte aussi des gains technologiques et industriels aux partenaires européens.
Zelensky met en avant un intérêt direct pour la France
Dans un entretien au Financial Times, Volodymyr Zelensky a assuré que la France ne pouvait que gagner à cette coopération. Il a même glissé que Marine Le Pen ne maîtrisait pas bien certains détails. Selon lui, l’expérience acquise par l’armée ukrainienne sur le terrain compte beaucoup pour ses alliés, et l’industrie française peut en tirer profit grâce aux technologies, à la coopération et à la coproduction.
Il résume cela ainsi, « À mon sens, c’est gagnant-gagnant ». Pour l’Ukraine, il dit qu’il n’y a pas d’alternative à la guerre. Pour l’Europe, le bénéfice serait double, avec de la sécurité et un retour d’expérience militaire très concret.
Marine Le Pen promet un arrêt de l’aide financière
Mercredi, la candidate à la présidentielle a expliqué qu’elle maintiendrait l’aide financière à l’Ukraine pendant six mois si elle arrivait à l’Élysée en mai 2027. Passé ce délai, elle compte la stopper, estimant que la France n’en a plus les moyens.
La réponse de Volodymyr Zelensky vise donc autant le débat diplomatique que le débat budgétaire. Et là, clairement, il tente de déplacer la discussion, non plus seulement sur le coût immédiat, mais sur ce que ce soutien rapporte aussi aux armées et aux industriels européens.
Le terrain ukrainien comme laboratoire militaire
Pour étayer son propos, Volodymyr Zelensky cite d’abord les missiles Scalp et Storm Shadow, puis les systèmes de défense antiaérienne SAMP/T, développés par la France et l’Italie. Il explique que ces équipements ont été modifiés à de nombreuses reprises au contact du terrain ukrainien.
Son argument va plus loin. Avant la guerre, dit-il, les pays européens avaient dépensé des milliards dans des chars, des blindés, des munitions et d’autres matériels qui, après deux années de conflit, ne sont plus forcément adaptés. L’expérience du front, selon lui, évite aux partenaires de refaire plus tard les mêmes dépenses à l’aveugle.
Le poids de l’aide française depuis 2022
Le débat repose aussi sur un chiffre. D’après le Kiel Institute, la France a versé 27 milliards d’euros à Kiev depuis l’invasion russe de février 2022.
Dans ce total, 7,9 milliards d’euros relèvent de l’aide bilatérale française. Les 19 milliards restants correspondent aux contributions françaises aux aides européennes. C’est sur ce montant, et sur son utilité politique comme militaire, que la campagne pourrait vite se tendre.