En bref
- Les varices peuvent signaler une maladie veineuse chronique.
- Des traitements sans chirurgie existent désormais en consultation.
- Agir tôt limite les complications parfois sérieuses.
On réduit souvent les varices à un sujet d’apparence. C’est trop court. En réalité, elles peuvent relever d’une insuffisance veineuse chronique, donc d’un vrai problème médical, avec une circulation du sang qui fonctionne mal dans les jambes.
Bien plus qu’un simple inconfort visuel
Ces veines deviennent visibles sous la peau parce qu’elles sont enflées, dilatées et tortueuses. Le plus souvent, elles apparaissent dans les jambes, là où les veines travaillent contre la gravité. Ramón Saiz, radiologue vasculaire et interventionnel à l’Hospital Universitario Son Llàtzer de Palma de Mallorca, rappelle qu’il n’existe pas dans les jambes de pompe comparable au cœur pour renvoyer le sang vers le haut.
Quand les petites valves situées dans les veines ne se ferment plus correctement, le sang redescend, la pression augmente et les varices finissent par se former. Vu comme ça, on comprend mieux pourquoi le sujet dépasse largement la seule gêne esthétique.
Pourquoi certaines personnes y sont plus exposées
Le terrain familial compte beaucoup. Avoir des proches concernés augmente le risque, ce qui place la génétique parmi les facteurs majeurs.
Mais ce n’est pas le seul levier. Le surpoids, le manque d’activité, le fait de rester longtemps assis ou debout favorisent aussi leur apparition. L’âge joue également, tout comme certaines modifications hormonales, notamment pendant la grossesse ou à la ménopause.
Des soins en consultation, sans bloc opératoire
La prise en charge n’est pas la même pour tout le monde. Chaque cas doit être évalué de façon personnalisée, avec une échographie Doppler, afin d’orienter vers la technique la plus adaptée.
La chirurgie, longtemps très utilisée, n’est plus la seule option. Pour les veines profondes, il existe aujourd’hui le laser endoveineux, la radiofréquence ou encore l’adhésif médical à base de cyanoacrylate. Pour les varices elles-mêmes, la sclérose à la mousse peut être proposée. Et pour les veines plus petites, on retrouve la sclérose liquide ou la cryosclérose.
Selon le porte-parole de la Société Espagnole de Radiologie Vasculaire et Interventionnelle (SERVEI), ces traitements peuvent être réalisés en consultation, sans anesthésie, en moins d’une heure, avec une reprise immédiate de la vie quotidienne et sans arrêt de travail. L’organisme avance aussi un taux de récidive presque dix fois inférieur à celui de la chirurgie.
Le vrai enjeu, c’est d’éviter les complications
Attendre n’est pas une bonne idée. Les premiers signes peuvent sembler banals, jambes lourdes, douleur, fatigue, démangeaisons ou crampes nocturnes.
Et puis les choses peuvent se compliquer. Dans les formes avancées, Ramón Saiz évoque l’apparition d’ulcères, d’épisodes de thrombose superficielle ou encore d’hémorragies liées à une blessure sur la varice. Le message est simple, traité tôt, le problème est souvent plus facile à corriger et les complications futures plus faciles à éviter.