En bref
- xAI poursuit un utilisateur de Grok.
- Des images sexuelles d’adultes et de mineurs sont visées.
- L’affaire relance la pression sur les garde-fous IA.
Voir une entreprise d’IA attaquer l’un de ses propres utilisateurs en justice, ce n’est pas courant. Et c’est tout l’intérêt de ce dossier : xAI veut montrer que l’usage de Grok pour produire des deepfakes sexuels peut mener devant les tribunaux.
Un procès rare dans l’univers des IA génératives
La plainte a été déposée au Texas contre Terry Wayne Harwood, un homme de 67 ans vivant en Caroline du Sud. xAI l’accuse d’avoir utilisé deux comptes de la société entre le 8 décembre 2025 et le 18 février 2026 pour téléverser des photos non sexuelles de nombreuses personnes, adultes comme mineures.
D’après l’entreprise, il demandait ensuite à Grok de modifier ces images, ou d’en créer de nouvelles, pour les représenter de manière pornographique ou sexualisée. Le point le plus lourd, évidemment, concerne la présence d’enfants parmi les victimes visées.
Des garde-fous contournés à répétition
xAI affirme que son outil a refusé ces demandes à de nombreuses reprises. Mais l’utilisateur aurait renvoyé des requêtes retouchées pour contourner les protections mises en place.
Un exemple apparaît dans la plainte. Selon xAI, Terry Wayne Harwood aurait envoyé la photo d’une fillette d’environ 10 à 11 ans, habillée, avant de demander à Grok de lui retirer ses vêtements et de lui faire prendre une pose inspirée d’un mannequin Playboy allongé sur un lit. Grok aurait refusé, puis l’homme aurait continué avec des formulations modifiées. Clairement, le dossier repose aussi sur cette répétition.
Grok déjà dans le viseur des régulateurs
L’affaire ne tombe pas de nulle part. Dès le début de janvier, plusieurs signalements indiquaient que Grok permettait de transformer des photos réelles de femmes et d’enfants en images sexualisées.
Les autorités ont rapidement bougé. En Californie, une enquête formelle a été lancée à la mi-janvier. Même chose au Royaume-Uni avec Ofcom. La Commission européenne et la Data Protection Commission irlandaise ont aussi ouvert leurs propres investigations. xAI dit avoir ajouté des mesures contre les deepfakes sexuels non consentis, mais des utilisateurs arrivaient encore à déshabiller des hommes avec l’outil. Et l’entreprise assure que Terry Wayne Harwood a continué malgré cela.
Arrestation et demandes financières de xAI
Le bureau du procureur général de Caroline du Sud a annoncé l’arrestation de Terry Wayne Harwood le 9 mars, dans le cadre des opérations de l’Internet Crimes Against Children Task Force.
Il est poursuivi pour trois chefs d’exploitation sexuelle d’un mineur au second degré et cinq chefs au troisième degré. Les autorités ajoutent qu’il ne s’agissait pas seulement de possession de contenus pédocriminels : il en aurait aussi diffusé.
Côté civil, xAI réclame au tribunal des dommages et intérêts dont le montant n’est pas précisé. L’entreprise veut aussi que le défendeur prenne en charge les frais qu’elle pourrait supporter si des victimes lançaient des actions en justice contre elle. Un dossier pénal, un dossier civil, et un message assez net envoyé à tous les utilisateurs de l’IA.