Thélyson Orélien nie l’IA dans son roman, mais admet des plagiats

L’écrivain canado-haïtien sort de trois semaines de silence. Il réfute toute écriture par IA pour son roman, mais reconnaît d’anciens plagiats.

Pages annotées et passages surlignés
Image d'illustration. L’auteur admet d’anciens plagiats. — ADN

En bref

  • Thélyson Orélien nie avoir écrit avec l’IA
  • L’auteur reconnaît d’anciens plagiats et s’excuse
  • La polémique a stoppé sa tournée promotionnelle

Thélyson Orélien est sorti du silence mardi 13 octobre 2026 avec une ligne claire, son roman n’a pas été écrit par une intelligence artificielle, mais il assume des plagiats commis plus tôt dans sa vie d’auteur. L’écrivain canado-haïtien, âgé de 38 ans, répond ainsi pour la première fois en détail à une polémique qui le vise depuis trois semaines autour de C’était ça ou mourir, l’un des best-sellers de la rentrée littéraire en France.

Une réponse attendue après trois semaines d’accusations

Dans un texte intitulé Ce roman que j’ai écrit, transmis à l’AFP, l’auteur réagit aux accusations lancées le 21 septembre par le compte Balance ton Claude sur X. Ce compte l’accuse d’avoir eu recours massivement à l’IA générative pour rédiger son livre publié chez Grasset.

Thélyson Orélien rejette fermement cette version. Il assure qu’il a pu utiliser des outils pour des recherches, notamment sur des idiomes étrangers, mais affirme qu’aucune phrase du roman n’a été créée par une machine.

Neuf ans de travail revendiqués pour le livre

Pour appuyer sa défense, l’écrivain retrace la genèse du texte. Il dit avoir commencé à écrire ce roman à l’automne 2017, à Laval, au Québec, où il vit depuis 2010 après avoir quitté Haïti. Il situe un premier jet en 2019, alors qu’il apprenait la mort de sa mère.

Il explique ensuite avoir coupé des scènes, déplacé des éléments, retravaillé plusieurs passages et modifié des personnages. Il présente Jonas Dorléon, héros du livre, comme une figure pensée bien avant la publication. Le roman, dit-il, puise dans l’exil, la migration, Haïti et le Québec, avec une part vécue et une part de fiction.

Des plagiats reconnus, et des excuses sans réserve

Sur un autre point, en revanche, Thélyson Orélien ne conteste pas. Il reconnaît avoir commis, après son arrivée au Canada, des erreurs qu’il juge lui-même inacceptables en reprenant des textes d’auteurs reconnus. Il dit avoir été trop pressé, encore peu formé, et emporté par ses lectures.

Il cite notamment Depestre, Glissant, Césaire, Chamoiseau, Hemingway, Márquez ou Dostoïevski. Mais, écrit-il, l’admiration n’autorise pas à s’approprier les mots d’autrui. Résultat, il présente ses excuses sans réserve.

Une tournée stoppée et une polémique qui s’installe

L’affaire a eu des effets immédiats. Le 25 septembre, Les éditions du Boréal ont annoncé la suspension de la tournée promotionnelle. En cause, des révélations du quotidien La Presse sur une chronique publiée en 2013, présentée comme la quasi-totalité d’une traduction légèrement remaniée d’un article du journal philippin The Philippine Star.

Deux jours plus tard, l’auteur a aussi interrompu sa tournée en France avant de rentrer au Québec, où il était resté silencieux jusque-là. Dans son texte, il dit accepter le travail critique des journalistes et des lecteurs, mais dénonce aussi des menaces, un lynchage médiatique et du harcèlement raciste. La suite, maintenant, se jouera sur un point simple, la réception du roman lui-même.

Jérôme Nelra

Spécialiste Divertissement

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