En bref
- Tesla prévoit d’arrêter la production du Cybertruck en 2027 pour libérer de l’espace industriel au profit de ses robotaxis Cybercab.
- Le pick-up n’a jamais rencontré le succès espéré, avec des ventes décevantes et des promesses initiales non tenues concernant son prix et son autonomie.
- Cette décision confirme le virage stratégique de Tesla vers l’intelligence artificielle, la robotique et les véhicules autonomes.
Tesla coupe une nouvelle branche pour nourrir son virage maison. Le constructeur va arrêter la production du Cybertruck en 2027, une décision annoncée par Elon Musk, afin d’utiliser l’espace industriel libéré pour produire davantage de Cybercab, ses robotaxis à deux places. Derrière ce choix, il y a une réalité assez simple, le pick-up star n’a jamais approché les attentes affichées au départ.
Un pick-up sacrifié pour faire de la place
Le signal est clair. Tesla veut désormais se présenter comme une entreprise centrée sur l’IA, la robotique et la conduite autonome. Dans ce cadre, le Cybertruck sort du tableau et les lignes de production doivent servir un projet jugé plus stratégique, celui des robotaxis Cybercab.
Ce n’est pas un cas isolé. Plus tôt cette année, Tesla avait déjà décidé d’arrêter les Model X et Model S pour utiliser les capacités industrielles correspondantes au profit des robots humanoïdes Optimus. Résultat, le ménage continue.
Le pari Cybertruck n’a jamais décollé
Quand les premières livraisons ont commencé fin 2023, Elon Musk visait environ 250.000 unités par an. On en est loin, très loin. En trois ans, Tesla n’en a écoulé que quelques dizaines de milliers au total.
Le contraste pique un peu, quand même. Avant même sa construction, l’usine texane était présentée en interne comme l’usine du Cybertruck, preuve du poids accordé au modèle dans la feuille de route de la marque.
Des promesses ratées dès le départ
Présenté en 2019, le véhicule était l’une des obsessions de Elon Musk. Il promettait alors « un pick-up incroyable », avec un design inspiré par des récits cyberpunk comme Blade Runner. Sur le look, mission accomplie. Sur le reste, c’est plus compliqué.
Lors de la présentation devenue célèbre, Franz von Holzhausen avait fissuré les vitres avec des billes d’acier. Et les promesses techniques n’ont pas tenu. Le tarif d’entrée annoncé sous environ 37.000 euros (40.000 dollars) n’a pas été respecté. L’autonomie maximale de 800 km non plus. Le lancement a en plus pris deux ans de retard, en partie à cause du Covid-19.
Une image clivante, puis devenue cible
À sa sortie fin 2023, le ticket d’entrée tournait plutôt autour de 55.000 euros (60.000 dollars), avec une autonomie en baisse de plus de 160km sur la version la plus endurante. Pour un véhicule aussi voyant, ça commençait mal.
Mais le vrai problème, c’est que le Cybertruck n’a jamais trouvé son public à grande échelle. Son design a divisé, son prix a refroidi, puis l’image du modèle s’est encore chargée politiquement. En 2024, le soutien financier massif d’Elon Musk à Donald Trump a transformé ce véhicule ultra reconnaissable en cible pour des manifestants. En 2025, la séquence s’est poursuivie pendant que Musk pilotait le Department of Government Efficiency, qui a supprimé des milliers de postes fédéraux.
Les robotaxis prennent toute la lumière
Pendant ce temps, Tesla pousse ses services autonomes. Depuis deux mois, des Cybercab circulent à Austin, sans incident majeur signalé à ce stade. L’entreprise prévoit une extension à Dallas plus tard ce mois-ci.
Et la flotte autonome ne s’arrête pas là. Des Model Y convertis en robotaxis roulent aussi à Austin, à Houston, à Dallas, ainsi que dans trois villes de Floride. Le message est limpide, le futur selon Tesla n’a plus grand-chose d’un pick-up en acier brut.