En bref
- Revolut atteint une valorisation record et confirme son statut de géant de la fintech.
- La société prépare son lancement bancaire aux États-Unis et poursuit son expansion internationale.
- Portée par sa croissance, Revolut envisage une future entrée en Bourse.
Revolut change encore de dimension. La fintech britannique est désormais valorisée à environ 106 milliards d’euros (115 milliards de dollars) après une vente secondaire d’actions, soit 53% de plus qu’un an plus tôt. Un signal fort, alors que le groupe prépare le lancement de sa banque aux États-Unis.
Une valorisation qui s’envole sans lever d’argent frais
Cette opération a été menée par plusieurs investisseurs, dont Glade Brook Capital Partners, Coatue, Durable Capital Partners, T. Rowe Price Associates et Baillie Gifford. Point important, aucun argent nouveau n’entre dans les caisses de Revolut.
Il s’agit d’une vente secondaire, donc d’un échange de titres existants. L’entreprise n’a pas précisé le volume exact d’actions cédées.
Le pari américain est déjà daté
Le groupe basé à Londres vise le premier semestre 2027 pour lancer une banque nationale aux États-Unis. Le projet n’est pas totalement verrouillé, puisqu’il dépend encore du feu vert réglementaire final.
Revolut a déjà obtenu une approbation conditionnelle de l’Office of the Comptroller of the Currency. En clair, le chantier avance, mais la dernière marche reste administrative, et on sait à quel point ce genre de dossier peut peser lourd.
D’une application de transfert à un groupe bancaire mondial
Créée en 2015 par Nik Storonsky et Vlad Yatsenko, Revolut a largement dépassé le stade de l’application de transfert d’argent. La société revendique aujourd’hui plus de 80 millions de clients particuliers dans plus de 40 pays.
Cette année, elle a lancé des banques au Royaume-Uni, en Australie, au Mexique et en Nouvelle-Zélande. Elle dispose aussi d’activités bancaires en Europe, a obtenu des licences en France, en Argentine et en Colombie, et a commencé à déployer ses services financiers en Inde.
Sur le plan financier, la trajectoire est tout aussi nette. Revolut a dégagé une marge de 38% sur un chiffre d’affaires d’environ 6 milliards d’euros (6 milliards de dollars) en 2025.
Le segment entreprises pèse de plus en plus lourd
L’autre moteur, c’est Revolut Business, lancé en 2017. D’après James Gibson, responsable de cette division et associé de l’entreprise, l’activité représente désormais environ 20% du profit brut du groupe.
Présente notamment en Europe, au Royaume-Uni, à Singapour, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, elle traite plus de 41 milliards d’euros (36 milliards de livres) de transactions par mois, dont plus d’1 milliard d’euros (1 milliard de livres) aux États-Unis. Elle génère plus d’1 milliard d’euros (950 millions de livres) de revenus annualisés et détient plus de 21 milliards d’euros (18 milliards de livres) de dépôts clients.
Près de la moitié des nouveaux clients de cette activité aux États-Unis sont des entreprises tout juste créées. Revolut veut aussi étendre cette offre au Brésil, au Mexique et à l’Inde, avec un objectif affiché de passer de plus de 800.000 entreprises clientes à 1 million d’ici 2027.
Une entrée en Bourse reste dans le viseur
Cette montée en puissance relance enfin la question d’une IPO. Nik Storonsky a déjà envisagé une double cotation à New York et à Londres, avec une préférence pour une cotation principale aux États-Unis.
Mais il ne faut pas l’attendre tout de suite. L’opération n’interviendrait pas avant 2028, selon les conditions de marché, avec une valorisation qui pourrait grimper jusqu’à environ 184 milliards d’euros (200 milliards de dollars).