En bref
- Neuf pays européens touchés lundi
- Des aliments ont dû être jetés
- Une faille déjà vue en France
La conséquence a été immédiate, des réfrigérateurs montés en température et des aliments jetés dans des supermarchés de plusieurs pays européens, lundi 2 novembre 2026. L’incident rappelle celui du 12 octobre en France, quand des centaines de systèmes de froid avaient déjà été perturbés.
Des rayons touchés dans une large partie de l’Europe
Cette fois, la vague a dépassé les frontières françaises. Des magasins ont été affectés en Suède, au Portugal, en Italie, en Irlande, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Belgique, en Estonie et en Finlande. Partout, le même effet ou presque, une hausse anormale de la température dans les équipements de froid et des denrées devenues impropres à la vente.
Personne n’a revendiqué l’attaque. Mais, en Belgique, le porte-parole de Carrefour Belgique, Mich Vergauwen, a assuré, « C’est une cyberattaque, il n’y a pas d’autre raison ».
La Belgique en première ligne, avec une enquête ouverte
C’est en Belgique que l’épisode est le plus documenté. Des dizaines de magasins de plusieurs enseignes ont signalé des perturbations, au point que les procureurs fédéraux ont ouvert une enquête, sans qualifier formellement l’incident de cyberattaque à ce stade.
Chez Carrefour Belgique, une quinzaine de magasins sur 700 ont été concernés. Ikea Belgique a aussi indiqué que son magasin de Mons avait subi une brusque hausse de température dans ses congélateurs au petit matin. Delhaize, Colruyt et Intermarché ont connu des problèmes comparables, et Delhaize a ajouté que quatre de ses points de vente au Luxembourg étaient touchés.
Le groupe belge de réfrigération industrielle Sabcobel a expliqué avoir sécurisé ses installations après l’attaque d’octobre, mais 10 % n’avaient pas encore été révisées. Certaines se trouvaient justement dans les magasins perturbés lundi. Son directeur général, Stephan Moelans, a estimé auprès de l’AFP que « Si Sabcobel n’avait pas lancé cette opération, l’impact aurait été bien plus important ».
Italie, Irlande, Suède, des cas distincts mais un même schéma
En Irlande, le groupe Musgrave, propriétaire notamment de Supervalu, a signalé 13 magasins touchés, ainsi qu’un petit nombre de supérettes aux Pays-Bas. En Italie, au moins quatre supermarchés Coop ont été visés en Sicile, et une entreprise toscane de restauration collective a aussi été affectée, d’après l’agence nationale de cybersécurité.
Le directeur général du groupe Radenza, Giuseppe Spadaro, a précisé à l’agence Ansa que « L’attaque a eu lieu à 4 h du matin ». Une réunion sur la cybersécurité était prévue mardi matin à la présidence du Conseil italien.
En Suède, Coop a confirmé qu’un incident cyber avait touché six de ses quelque 800 magasins. Le problème, selon l’enseigne, est désormais réglé. Ica a aussi évoqué des incidents limités sans confirmer leur origine.
Des vulnérabilités déjà repérées par les acteurs du secteur
Chez Coop en Suède, les magasins touchés étaient reliés à un réseau mobile 4G, et non au système 5G mis à jour, ce qui les rendait plus exposés. Du côté d’Ica, les magasins concernés utilisaient tous un système externe de contrôle de la réfrigération fourni par le fabricant danois Danfoss, déjà visé lors de l’attaque du 12 octobre en France.
Le commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation, Christophe Hansen, avait déjà dénoncé des attaques répétées très préoccupantes contre la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Et en Finlande, Roni Kokkola, du centre national de cybersécurité de Traficom, a jugé que l’extension du phénomène au-delà de la France était attendue, sur fond de vulnérabilités exploitées de plus en plus vite.