En bref
- Le patron d’OpenAI préférerait que la mémoire vive soit davantage utilisée dans les centres de données.
- Selon lui, une grande partie de la RAM des PC reste inutilement inutilisée.
- – Ses propos passent mal dans un contexte de pénurie qui pénalise les consommateurs.
Sam Altman a jugé « assez terrible » le fait qu’une partie de la DRAM mondiale reste installée dans des ordinateurs personnels pour n’être utilisée qu’à 5% du temps. Dit comme ça, la phrase a de quoi accrocher, surtout en pleine tension sur la RAM.
Une phrase qui vise les PC domestiques
Lors d’un entretien avec Cheeky Pint et Stripe, le patron d’OpenAI a expliqué que, dans un contexte d’offre limitée, il valait mieux pousser l’utilisation au maximum dans le cloud. Il a même ajouté, en substance, que beaucoup de gens ont l’intuition inverse. Le point important, c’est qu’il parlait ici d’inférence locale, autrement dit du fait de faire tourner des modèles d’IA directement sur son propre ordinateur.
Vu son poste, l’argument n’a rien d’étonnant. Il raisonne, selon ses mots, dans une logique d’allocation globale des ressources.
Pourquoi la RAM est devenue un sujet brûlant ?
Le problème de fond, c’est la pression exercée par les centres de données dédiés à l’IA. Ils absorbent une part si importante des stocks de mémoire que les prix des modules de RAM ont fortement augmenté. Et quand la mémoire grimpe, ce ne sont pas seulement les PC qui trinquent.
Pas mal d’appareils électroniques embarquent de la RAM. Résultat, les fabricants répercutent cette hausse sur les consommateurs en augmentant leurs tarifs. La pénurie déborde donc largement du seul marché de l’IA.
Le reproche adressé à OpenAI
C’est là que la sortie de Sam Altman coince un peu. Elle peut sembler décalée, voire maladroite, parce qu’OpenAI aurait sécurisé environ 40% de la production mondiale de RAM via différents accords. Forcément, quand un acteur de cette taille explique qu’il serait préférable que la mémoire reste dans le cloud plutôt que dans les machines des particuliers, la remarque passe mal.
Bon, on comprend la logique industrielle. Mais on comprend aussi la critique.
La RAM ne sert pas qu’à faire tourner de l’IA en local
Réduire la mémoire vive à l’inférence locale, c’est oublier l’usage très concret des machines. Les joueurs PC, ceux qui font du live, les personnes qui montent des vidéos en haute définition, ou plus largement tous ceux qui lancent des tâches lourdes, ont besoin de davantage de RAM qu’un utilisateur standard.
Et c’est bien tout le nœud du sujet. Si l’industrie de l’IA monopolise une grande partie de l’offre, le reste du marché doit composer avec des ruptures et des prix plus élevés. Pour les particuliers, la mémoire n’est pas un luxe qui dort. C’est souvent juste la base d’un PC qui tient la route.