En bref
- SpaceX envisage de racheter Boost Mobile pour récupérer son réseau terrestre et renforcer sa présence sur le marché américain du mobile.
- L’objectif d’Elon Musk est de combiner les satellites Starlink et les antennes cellulaires pour créer un réseau hybride couvrant davantage le territoire.
- Le rachat reste incertain, notamment à cause des contrats de location de réseau et du refus potentiel des opérateurs concurrents.
Un rachat de Boost Mobile par SpaceX ne servirait pas seulement à gonfler un nombre d’abonnés. Le nerf du dossier, c’est la construction d’un réseau hybride mêlant cellulaire et satellite, assez solide pour installer l’entreprise d’Elon Musk comme un possible quatrième acteur du mobile aux États-Unis.
Le vrai lot, ce ne sont pas seulement les abonnés
Elon Musk, patron de SpaceX, a parlé directement en octobre 2026 avec Charlie Ergen, président d’EchoStar, pour discuter d’un rachat de Boost Mobile. L’opérateur virtuel fait partie d’EchoStar, qui compte environ 7,5 millions de clients si l’on additionne Boost Mobile et GenMobile.
C’est peu face aux géants du secteur, chacun au-delà des 100 millions d’abonnés. Mais ce n’est pas le point central. Ce que SpaceX vise surtout, c’est un accès immédiat à des réseaux terrestres déjà utilisés par Boost Mobile.
Elon Musk cherche la pièce qui manque encore
SpaceX avance déjà sur ce terrain. En 2024, l’entreprise a lancé un accès par satellite pour les abonnés de T-Mobile. Et l’an dernier, elle a acheté à EchoStar pour 17 milliards de dollars de fréquences sans fil destinées aux services cellulaires.
À ce moment-là, Elon Musk affirmait sur le réseau social X qu’il s’agissait de « la dernière pièce critique du puzzle des fréquences nécessaire à SpaceX pour fournir une couverture téléphonique complète en Amérique ». Vu l’intérêt persistant pour un réseau terrestre, la formule était visiblement un peu optimiste.
Un accord loin d’être automatique
Il y a un autre souci, et il est très concret. Boost Mobile ne possède pas ses propres tours. L’opérateur loue de la capacité auprès d’AT&T et de T-Mobile.
Or Elon Musk aurait aussi approché AT&T, T-Mobile et Verizon pour acheter de la capacité sur leurs réseaux. Les trois ont refusé. Et ils pourraient encore peser sur un éventuel rachat, puisque les contrats de location de réseau sont, d’après des sources citées aux États-Unis, généralement non transférables.
Pourquoi ce rachat changerait la portée de Starlink ?
Si l’opération se fait, Starlink gagnerait beaucoup plus qu’un parc d’utilisateurs. Boost Mobile couvre aujourd’hui la majeure partie des 48 États contigus américains, ce qui élargirait fortement la portée du service.
En gros, le schéma est simple. Starlink pourrait gérer les appareils à l’extérieur, tandis que les tours cellulaires prendraient le relais quand le signal satellite ne passe pas, notamment à l’intérieur des bâtiments, un terrain où le service de SpaceX a encore du mal. C’est là que ce dossier devient vraiment stratégique.