En bref
- Des contractuels attendent encore un poste
- La CGT réclame des remplaçants
- Le ministère refuse un bilan complet
La rentrée scolaire se joue cette année sur un paradoxe assez brut. Des classes risquent de manquer d’enseignants, alors que des professeurs contractuels n’ont toujours pas reçu d’affectation au moment de reprendre. Mardi 1er septembre, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a demandé une réponse immédiate.
Des contractuels toujours dans l’attente
Pour le syndicat, le point le plus urgent est là. Beaucoup de contractuels, employés ces dernières années pour combler les postes vacants, restent sans poste en cette rentrée. Sophie Binet accuse les rectorats de les traiter avec une grande brutalité, après parfois plusieurs années de service, et dénonce à l’Éducation nationale une gestion opaque et arbitraire.
Elle avertit surtout que ce choix pourrait coûter cher très vite. Selon elle, si ces enseignants expérimentés sont laissés de côté maintenant, il faudra recruter dans l’urgence dès l’automne. Sophie Binet résume le risque ainsi : « En novembre, il n’y aura pas d’enseignants en face des élèves ».
Des postes mieux pourvus, mais une fragilité persistante
Sur le papier, les chiffres de recrutement progressent. Après la réforme du concours enseignant mise en place cette année pour répondre à la crise du recrutement, le taux de postes pourvus atteint 98,5% dans le premier degré, contre 92,1% l’an dernier. Dans le second degré, il monte à 96,1%, contre 90,6% auparavant.
Mais cette amélioration ne règle pas tout. Ces dernières années, les contractuels représentaient environ 2% des professeurs des écoles publiques, et entre 10% et 11% des enseignants dans les collèges et lycées publics, d’après les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. Bref, leur place dans le système reste réelle.
Les syndicats demandent des mesures rapides
La CGT réclame trois choses. D’abord, une affectation pour les contractuels encore en attente. Ensuite, la création d’un vivier de remplaçants pour faire face aux absences. Et, à moyen terme, une nouvelle grande loi de titularisation.
En face, le ministère de l’Éducation nationale juge qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet de la rentrée. Il explique que chaque rectorat ajuste ses recrutements selon les besoins, notamment par discipline dans le second degré, et assure que la situation des contractuels non renouvelés fait l’objet d’une attention particulière.
Créteil cristallise l’alerte de rentrée
Le syndicat a aussi ouvert la plateforme soscontractuel-cgt.fr, destinée aux contractuels en difficulté pour les aider dans leurs démarches face aux rectorats. Fin août, la CGT a déposé au rectorat un dossier portant sur 416 contractuels non renouvelés dans l’académie de Créteil.
L’alerte dépasse la seule CGT. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, parle elle aussi d’un point d’alerte majeur de cette rentrée. Pour elle, la présence de professeurs stagiaires ne justifie pas la manière dont certains contractuels sont écartés, après avoir assuré des missions ces dernières années.