En bref
- 12,1 millions de cas projetés en 2049
- Les nouveaux cas grimperaient de 14%
- L’accès à l’insuline reste central
Le sujet dépasse la simple courbe statistique. Derrière la projection, il y a une pression plus forte sur les soins, les traitements et surtout sur l’accès à l’insuline, encore très inégal selon les pays.
Des projections qui pèsent déjà sur les systèmes de santé
Selon une recherche menée par le Centre de diabète Steno d’Odense, au Danemark, le nombre de personnes vivant avec un diabète de type 1 dans le monde passerait de 9,4 millions en 2025 à 12,1 millions en 2049, soit une hausse de 29%.
Dans le même temps, les nouveaux cas annuels progresseraient de 14%, de 530.024 à 605.058. Le modèle anticipe aussi une augmentation des décès toutes causes confondues parmi les personnes concernées, de 361.383 en 2025 à 537.621 en 2049.
Ces données doivent être présentées lors de la réunion annuelle de l’Association européenne pour l’étude du diabète, à Milan.
Des écarts nets selon le niveau de revenu des pays
La photographie mondiale cache des réalités très différentes. La majorité des personnes vivant avec ce diabète se trouve aujourd’hui dans les pays à hauts revenus et à revenus intermédiaires. Mais la plus forte hausse relative attendue concerne les pays à faibles revenus.
L’explication avancée tient surtout à une amélioration progressive de l’accès aux traitements, du contrôle de la glycémie et de la survie. En Tanzanie, par exemple, les nouveaux cas annuels pourraient presque doubler, de 3.275 à 6.177 entre 2025 et 2049. Le total des personnes vivant avec la maladie y augmenterait aussi, de 19.101 à 39.673, tout en restant bien inférieur aux volumes observés dans les pays riches.
Chez les 0-19 ans, le modèle estime qu’ils représenteraient 42% des nouveaux cas en 2025. Cette tranche d’âge pèserait aussi pour 15% des décès mondiaux dans la population atteinte cette année-là, avec un écart marqué entre pays riches et pays pauvres.
Royaume-Uni, États-Unis, Italie, ce que disent les exemples nationaux
Les exemples nationaux rendent la tendance plus concrète. Au Royaume-Uni, le nombre de personnes vivant avec un diabète de type 1 passerait de 313.725 à 420.551, soit plus de 100.000 de plus.
Aux États-Unis, la hausse dépasserait le demi-million, de 1.492.825 à 2.055.235. En Italie, la progression serait plus modérée, autour de 16%, avec 239.145 personnes concernées en 2049 contre 205.499 en 2025.
Les auteurs estiment que les niveaux élevés attendus dans des pays comme l’Australie, les États-Unis ou le Royaume-Uni combinent facteurs génétiques, déclencheurs environnementaux et meilleure détection des cas grâce aux infrastructures de santé.
Pourquoi ce modèle est scruté de près
Le modèle DIAMOND-T1D, dirigé par le professeur Anders Green, cherche à combler un manque bien connu, celui de données épidémiologiques encore limitées, surtout dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires.
Sa particularité, c’est d’intégrer l’histoire de la disponibilité de l’insuline selon les pays. Il produit des estimations mondiales, régionales et nationales de l’incidence, de la prévalence et de la mortalité entre 1900 et 2050. Le système a été validé avec des registres de population au Danemark et en Écosse, puis doit être ouvert en accès web pour simuler d’autres scénarios.
L’enjeu est assez clair. Pour l’Organisation mondiale de la santé, des estimations plus solides peuvent aider à orienter les politiques publiques et à viser un accès plus équitable à des soins de qualité.