En bref
- 84 000 animaux refusés faute de place
- Les chats représentent 72 % des accueils
- Certains animaux restent toute leur vie
Le constat est net. En France, l’accueil des chiens et des chats abandonnés repose presque entièrement sur le tissu associatif, qui arrive à saturation. Une étude de la SPA et de la Fondation Affinity, présentée mercredi à Paris, chiffre à 391 000 le nombre d’animaux pris en charge par 880 structures l’an dernier.
Mais derrière ce volume, il y a un autre chiffre, plus brutal, 84 000 animaux n’ont pas pu être admis.
Un réseau associatif qui absorbe presque tout
L’étude s’appuie sur les réponses de 880 refuges, associations et familles d’accueil, parmi plus de 3 000 structures interrogées. Elle décrit un système qui tient, mais avec peu de marge. Les besoins manquent partout, pour les soins, la stérilisation, les places disponibles, les bénévoles, les candidats à l’adoption et le soutien des pouvoirs publics.
En gros, les structures font déjà l’essentiel. Et elles le font avec des moyens jugés insuffisants.
84 000 refus, et une suite souvent inconnue
Sur la période étudiée, les structures ont refusé plus de 45 000 chats et près de 39 000 chiens, faute de place. C’est le point le plus inquiétant du document, parce que le devenir de ces animaux reste incertain.
La SPA explique qu’il est vraiment impossible de savoir ce qu’ils deviennent. Une partie peut rester chez son propriétaire. D’autres peuvent être cédés dans de mauvaises conditions, abandonnés dans la nature, ou finir par être acceptés ailleurs. Résultat, pas de vision claire, alors même que le volume est massif.
Les chats saturent les accueils
Les chats représentent à eux seuls 280 000 prises en charge, soit 72 % du total. L’étude relie cette pression à deux facteurs, l’errance et l’absence de stérilisation. Un chat accueilli sur deux est un chaton de moins de six mois.
La piste avancée est connue, stériliser et identifier davantage. Les chats errants peuvent ensuite être adoptés ou relâchés sur leur lieu de capture avec le statut de « chats libres », qui leur apporte une protection.
Pour les chiens, l’adoption se complique
Côté chiens, 111 000 ont été pris en charge. Ce sont surtout des adultes, le plus souvent abandonnés directement par leur propriétaire. L’étude note une forte présence des molosses, 23 %, comme les Rottweiler ou les American Bully, ainsi que des malinois, à 19 %.
Leur adoption se révèle plus difficile. L’éducation parfois négligée, les préjugés et les contraintes réglementaires pèsent lourd. Chats comme chiens restent en moyenne six mois dans ces structures après un abandon lié à un déménagement, un divorce, un comportement jugé difficile ou une portée non désirée. Certains, eux, n’en sortent presque jamais.