Rakuten France s’arrête, la fin d’un acteur historique du web marchand

La filiale française de Rakuten cesse son activité ce 1er octobre. Échec de la reprise, 180 salariés concernés, et un recul installé depuis des années.

Rakuten
Image d'illustration. Rakuten — Rakuten / PR-ADN

En bref

  • Rakuten France ferme ce 1er octobre
  • 180 salariés sont concernés
  • La reprise a échoué, Pixmania conteste

Le rideau tombe sur un ancien nom du e-commerce français. Ce 1er octobre, Rakuten France, longtemps connu comme PriceMinister, cesse ses activités, au terme d’un déclin installé depuis des années et d’une tentative de reprise qui n’a pas abouti.

Une fermeture actée dès le 1er octobre

Sur son site, une bannière précise qu’à partir de cette date, il ne sera plus possible d’effectuer de nouveaux achats ni de nouvelles ventes. La décision concerne la filiale française de Rakuten.

Et elle ne s’arrête pas à la France. La plateforme fermera aussi en Espagne, les deux pays partageant la même structure.

Un modèle fragilisé sur la durée

La plateforme fonctionnait comme une marketplace, autrement dit une place de marché mettant en relation des vendeurs tiers et des acheteurs. On y trouvait aussi bien du mobilier que des jouets, de l’électroménager, des vêtements ou des appareils électroniques.

Mais le problème n’est pas arrivé d’un coup. La direction évoque un déclin engagé depuis une dizaine d’années, avec une baisse de 33 % du nombre de clients en dix ans et un recul de 42 % du trafic sur la même période. À cela s’ajoute la pression des plateformes asiatiques, de plus en plus agressives sur les prix et la visibilité.

La reprise n’a pas abouti

Quelque 180 salariés sont concernés. En juillet, Rakuten France expliquait avoir mené des discussions approfondies pour céder l’activité, sans trouver de solution jugée viable.

La direction avançait trois critères pour évaluer les offres, la préservation des emplois, les conditions financières et les risques associés, ainsi que la capacité à assurer la pérennité de l’activité sur le long terme. Le CSE, lui aussi, a rendu un avis négatif sur les propositions reçues.

Pixmania conteste le scénario de sortie

En juillet, Pixmania, positionné sur la reprise, a dénoncé le rejet de son offre. L’e-commerçant, spécialisé dans les produits technologiques comme les smartphones et les tablettes, affirmait vouloir sauver plusieurs dizaines d’emplois.

L’entreprise regrettait de ne pas avoir pu présenter son projet aux salariés et disait craindre que sa candidature n’ait servi qu’à satisfaire l’obligation de recherche d’un repreneur prévue par la loi Florange, face à une direction internationale qui aurait déjà tranché. Pixmania se disait aussi très déçu de ne pas avoir pu préserver une activité représentant plus de 2.500 vendeurs et plus de 400 millions d’euros de volume d’affaires. L’entreprise assurait enfin que son offre était soutenue financièrement par ses actionnaires de référence, dont Xavier Niel.

De PriceMinister à Rakuten, la fin d’un chapitre

Créé en 1997 au Japon, le groupe Rakuten a racheté PriceMinister en 2010. Il est aussi présent dans la publicité et les télécommunications.

Aujourd’hui, le groupe indique employer plus de 25.000 personnes dans 30 pays, pour un chiffre d’affaires de plus de 11 milliards d’euros. La fermeture française marque surtout la fin d’un acteur qui a longtemps compté dans le paysage du commerce en ligne, avant de perdre pied dans un marché devenu beaucoup plus rude.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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