En bref
- Le groupe sanguin ne suffit pas
- Odeur, chaleur et CO2 attirent davantage
- Bière et grossesse augmentent aussi le risque
Le groupe sanguin revient souvent dans la discussion, mais il ne permet pas, à lui seul, d’expliquer pourquoi certains servent de cible favorite aux moustiques. Une étude publiée en 2019 a bien observé que Aedes aegypti, principal vecteur de la dengue, semblait préférer les personnes du groupe O. Mais depuis, les travaux menés sur le sujet livrent des résultats contradictoires.
Résultat, les chercheurs regardent ailleurs.
Le groupe sanguin n’explique pas tout
Ce qui ressort des études, c’est que l’attractivité d’une personne dépend surtout d’un ensemble de facteurs. Et d’abord de la peau. Les femelles moustiques, seules à piquer l’être humain pour prélever les protéines nécessaires à la production de leurs œufs, sont sensibles à ce qu’elles y trouvent.
Le microbiote de la peau joue ici un rôle central. Plusieurs travaux montrent que la composition de cette flore, mais aussi les substances chimiques produites par le corps, influencent fortement l’attirance des moustiques.
La peau envoie les vrais signaux
Certains composés présents à la surface de la peau augmentent cette attirance, notamment des éléments de la sueur comme l’acide lactique, l’ammoniac ou l’acide urique. Même logique avec des produits du quotidien. Les parfums et soins corporels parfumés peuvent attirer les moustiques, tout comme certaines crèmes pour la peau contenant des acides lactiques.
Bref, l’odeur compte beaucoup plus qu’on ne le pense.
Respiration, effort et chaleur les guident
Les moustiques repèrent aussi le dioxyde de carbone rejeté par la respiration. Plus on en expire, plus on devient détectable. C’est pour cette raison qu’une activité physique, qui accélère la respiration, peut augmenter le risque de piqûres.
La chaleur corporelle pèse aussi. Une peau chaude, surtout si elle transpire, constitue un signal fort pour ces insectes.
Grossesse, fièvre, alcool, la même mécanique
Une étude publiée en 2000 a montré que des moustiques porteurs du paludisme étaient deux fois plus attirés par les femmes enceintes. L’alcool agit lui aussi de manière indirecte. D’après l’Anses, les moustiques disposent d’un système olfactif performant et réagissent à de nombreux signaux, notamment à l’odeur des bactéries présentes à la surface de la peau.
Quand la température du corps augmente, chez les femmes enceintes, les personnes qui ont de la fièvre ou celles qui ont bu de l’alcool, la production de bactéries et de composés aromatiques s’accroît. La peau devient alors plus odorante, donc plus attractive.
Le cas à part de la bière
Plus étonnant, une étude publiée en 2010 dans Plos One a constaté que des consommateurs de bière, après avoir bu, attiraient davantage les moustiques Anopheles gambiae, eux aussi vecteurs du paludisme.
Les auteurs ont noté que cet effet ne semblait pas lié à une hausse du CO2 expiré ni de la température corporelle. Les mécanismes restent inconnus. Une piste est avancée, la bière pourrait modifier les composés volatils émis par le corps, dans la sueur comme dans l’haleine.