En bref
- Hachioji achète 700 sprays anti-ours
- Les écoles font partie des sites visés
- Les signalements explosent partout au Japon
Le Japon fait face à une hausse nette des incursions d’ours en zone habitée. Lors du dernier exercice fiscal clos en mars, le pays a dépassé les 50 000 observations, soit plus du double du précédent record établi deux ans plus tôt. Dans le même temps, plus de 14 000 ours ont été abattus.
Un phénomène qui déborde désormais les montagnes
Les attaques aussi pèsent dans le débat. En 2025, l’archipel a enregistré 13 décès, un record, liés à des attaques d’ours. Depuis le début de cette année, cinq autres personnes ont été tuées et vingt blessées, d’après le ministère de l’Environnement.
Ces chiffres ont encore monté avec la sortie d’hibernation. Et le sujet n’est plus cantonné aux zones rurales. Voir un ours sur une route, au milieu d’un secteur urbanisé, surprend moins qu’avant au Japon.
À Hachioji, un plan d’urgence centré sur les écoles
C’est dans ce contexte que la ville de Hachioji, en banlieue éloignée de Tokyo, a annoncé mercredi 24 juin 2026 un plan de dépenses d’urgence. La municipalité veut acheter 700 bombes aérosols anti-ours, destinées notamment aux écoles.
Depuis avril 2026, Hachioji a relevé onze observations d’ours ou traces de leur passage. Une caméra de surveillance en a même filmé un, selon la chaîne NTV NEWS.
Le budget atteint 15 millions de yens, soit environ 82 000 euros. Il doit aussi financer des clôtures électriques mobiles et des dispositifs sonores à haute fréquence. Un porte-parole de la ville, Ryosuke Sato, a indiqué à l’AFP qu’un plan d’action serait rédigé avec la police et les chasseurs. Il a précisé, « En travaillant étroitement avec la police et les chasseurs, nous élaborons un manuel sur la manière de réagir si des ours arrivent dans nos rues ».
Pourquoi les ours s’approchent des villes
L’explication avancée tient surtout à la nourriture disponible. Glands, sangliers et cerfs sont plus abondants, sur fond de climat qui se réchauffe. Résultat, les ours prospèrent davantage et s’aventurent plus loin.
Les autorités, nationales comme locales, cherchent donc à ralentir cette progression. À Hachioji notamment, elles débroussaillent les berges des rivières et les espaces situés entre les quartiers résidentiels et la montagne pour limiter l’entrée des animaux en ville.
Des incidents récents qui ont marqué les autorités
Ailleurs dans le pays, plusieurs épisodes ont renforcé l’inquiétude. Plus tôt en juin, toutes les écoles ont fermé à Utsunomiya, au nord de Tokyo, après l’errance d’un ours en pleine ville. Il a échappé pendant quatre jours à des dizaines de policiers et de chasseurs avant d’être capturé.
Avant cela, dans le département de Fukushima, un autre ours présenté comme « extrêmement intelligent » avait ouvert une fenêtre, actionné un robinet puis attaqué quatre personnes dans deux usines. Il était resté en fuite durant deux jours.