Pourquoi l’écart se creuse entre Bretagne et Grand-Est à la pompe

Les prix des carburants battent des records, mais pas partout au même niveau. Concurrence locale et coûts d’acheminement expliquent ces écarts.

Pistolet de pompe a essence en gros plan
Image d'illustration. La baisse dépend du marché pétrolier. — ADN

En bref

  • Le litre dépasse 2,44 euros dans certaines régions.
  • Les stations fixent librement leurs prix.
  • Transport et concurrence creusent les écarts.

Entre la Bretagne et le Grand-Est, le plein ne coûte pas la même chose. Dans un contexte de hausse nationale, le litre de carburant reste plus cher dans certaines régions que dans d’autres, parfois de façon nette.

Le baromètre du site station-service.fr, construit à partir des données du ministère de l’Économie, montre que la Bourgogne-Franche-Comté affiche une moyenne de 2,445 euros par litre. Derrière, on trouve le Grand-Est à 2,436 euros et l’Auvergne-Rhône-Alpes à 2,434 euros. À l’autre bout du classement, la Corse ressort à 2,304 euros, devant la Bretagne à 2,389 euros et la Nouvelle-Aquitaine à 2,396 euros. Ces chiffres étaient disponibles le 22 septembre 2026 à 14 heures.

Des écarts bien réels d’une région à l’autre

Le point important, c’est que le prix moyen n’est pas uniforme en France. Et cette différence ne tient pas à une seule cause. Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Union française des industries pétrolières, parle d’un phénomène multifactoriel.

Autrement dit, une région ne paie pas seulement le pétrole plus cher. Elle paie aussi un environnement commercial, un maillage de stations et, parfois, une logistique plus compliquée.

Le prix à la pompe se décide station par station

Depuis l’arrêté du 29 janvier 1985 sur les prix de vente des carburants, le tarif en station est libre. Chaque point de vente fixe donc son prix selon l’évolution du marché, mais aussi selon sa propre situation.

Blandine Ruty rappelle qu’une station rurale, réapprovisionnée moins souvent, ou une station d’autoroute sans concurrence affichera des prix plus élevés qu’une station de grande surface. En Bretagne, les prix un peu plus bas s’expliquent en partie par la présence de nombreuses grandes et moyennes surfaces. Pour Michel Fayad, spécialiste des marchés des hydrocarbures et de géopolitique, cette densité nourrit la concurrence entre enseignes et pousse les prix vers le bas.

Acheminer le carburant change aussi la facture

L’autre variable, c’est le transport. Michel Fayad résume une hiérarchie simple, l’oléoduc coûte moins cher que le bateau, qui coûte lui-même moins cher qu’une flotte de camions.

C’est là que le Grand-Est a été pénalisé. La baisse marquée du niveau du Rhin cet été a forcé à repenser l’acheminement du pétrole. Des barges moins chargées impliquent plus de trajets, ou un basculement vers la route. Résultat, en Alsace, des stations ont manqué d’essence cet été, et le problème perdure.

À l’inverse, la Bretagne bénéficie d’un acheminement moins coûteux parce qu’il n’y a pas d’autoroutes, donc pas de péages. Quant à la Corse, aujourd’hui région la moins chère, elle fonctionne avec un système de livraison insulaire spécifique. Un cas à part, pas vraiment comparable avec le reste du pays. Et on voit déjà ce que cela dit de la suite, le prix à la pompe dépend autant de la carte que du baril.

Morgan Fromentin

Spécialiste Économie

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