En bref
- Les céréales pèsent le plus dans l’exposition
- Près d’un Français sur deux est surexposé
- Anses demande d’agir à la source
Le chocolat revient souvent dans la discussion. Pourtant, ce n’est pas lui qui pèse le plus. En France, ce sont surtout les produits céréaliers, pain en tête, qui contribuent à l’exposition au cadmium, ce métal lourd toxique surveillé de près par Anses.
Le vrai poids des céréales dans l’exposition
Chez les non-fumeurs, l’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium. Dit autrement, l’assiette concentre presque tout le sujet. Et dans cette assiette, on retrouve d’abord le pain, les céréales du petit-déjeuner, les biscuits, les pâtisseries, mais aussi les pâtes, le riz, le blé raffiné, les pommes de terre et certaines catégories de légumes.
D’autres aliments affichent des teneurs élevées, comme les crustacés, les mollusques ou les abats. Mais ils comptent moins dans l’exposition générale, tout simplement parce qu’ils sont moins consommés. Même constat pour le chocolat, que Géraldine Carne, de Anses, présente comme un contributeur mineur.
Une alerte qui touche presque toute la vie
Le point qui frappe, c’est l’ampleur. Près de la moitié des Français dépassent les seuils sanitaires pour ce contaminant, selon l’évaluation publiée par Anses.
L’agence décrit une situation préoccupante à tout âge, y compris dès le plus jeune âge. Et le contraste est net avec le reste de l’Europe, puisque le phénomène apparaît trois à quatre fois plus marqué en France que chez ses voisins européens. Bon, ce n’est pas une alerte tombée de nulle part, mais cette vision sur l’ensemble de la vie rend le problème beaucoup plus concret.
Réduire le risque, du champ jusqu’au placard
Le cadmium ne vient pas de nulle part. Il se retrouve dans les sols à cause de certaines activités humaines, notamment l’industrie, les engrais minéraux et les effluents agricoles. L’air et l’eau participent aussi à cette contamination, qui finit ensuite dans les cultures agricoles.
Pour Anses, la réponse doit d’abord être collective. L’agence demande d’agir à la source, avec une réglementation renforcée sur les fertilisants et un abaissement des seuils autorisés dans les denrées alimentaires.
À l’échelle individuelle, quelques gestes ressortent. Limiter les produits sucrés ou salés à base de blé, introduire plus de légumineuses à la place des pâtes ou d’autres aliments céréaliers, et varier ses sources d’approvisionnement pour éviter une exposition répétée par le même circuit alimentaire. Le tabac ajoute une voie d’exposition chez les fumeurs. Certains cosmétiques peuvent aussi contenir du cadmium, mais de façon plus marginale.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi le pain et les céréales comptent-ils autant ?
Parce qu’ils sont consommés très souvent. Même si d’autres produits peuvent contenir davantage de cadmium, leur place plus réduite dans l’alimentation quotidienne limite leur contribution totale à l’exposition.
Le chocolat est-il vraiment un faux coupable ?
Pas complètement, mais son rôle est plus faible que ce que l’on imagine souvent. Dans cette évaluation, il est présenté comme un contributeur mineur, surtout parce qu’il est moins consommé que les produits céréaliers courants.
Qu’est-ce que signifie agir à la source ?
Cela veut dire intervenir avant que le cadmium n’arrive dans les aliments. Concrètement, cela passe par les sols agricoles, les fertilisants et, plus largement, les activités humaines qui alimentent cette contamination.
Faut-il supprimer les céréales de son alimentation ?
Non. L’idée avancée par Anses n’est pas de déséquilibrer l’alimentation, mais de la diversifier. Remplacer une partie des produits céréaliers par des légumineuses et varier les approvisionnements est la piste mise en avant.
Le risque concerne-t-il seulement l’alimentation ?
Non. Chez les fumeurs, le tabac ajoute une exposition supplémentaire. Certains cosmétiques peuvent aussi contenir du cadmium, mais leur rôle reste marginal par rapport à ce qui vient de l’assiette.