Nvidia revient dans la course à l’IA en Chine

ByteDance et Tencent auraient reçu 10.000 puces Nvidia H200 chacune. Un feu vert qui pèse dans la course chinoise à l’IA.

Puces IA
Image d'illustration. Puces IA — Nvidia / PR-ADN

En bref

  • La Chine autorise l’arrivée de puces Nvidia H200 pour accélérer l’IA de ByteDance et Tencent.
  • Ces puces, longtemps bloquées par les États-Unis, peuvent désormais être achetées par plusieurs entreprises chinoises agréées.
  • Pékin veut profiter de Nvidia tout en continuant à développer ses propres puces pour limiter sa dépendance aux États-Unis.

ByteDance et Tencent auraient reçu 10.000 puces Nvidia H200 chacun ces dernières semaines. Le signal est loin d’être anodin. Pour les groupes chinois engagés dans la course à l’IA, ces processeurs servent à entraîner des modèles de pointe et à mieux tenir la cadence face aux acteurs américains.

Ce n’est peut-être qu’un début

D’après le Financial Times, la Chine a laissé entrer des puces Nvidia sur le continent afin de donner un coup de pouce aux entreprises locales. ByteDance et Tencent développent déjà leurs propres modèles et agents d’IA, donc l’intérêt est immédiat. Et l’histoire ne s’arrêterait pas là.

D’autres entreprises chinoises pourraient bientôt recevoir des cargaisons de H200 de taille comparable. En gros, Pékin desserre un peu l’étau sur un composant clé au moment où la compétition sur l’IA générative devient nettement plus dure.

Des puces longtemps bloquées par Washington

Le contexte compte, quand même. Le gouvernement américain avait auparavant interdit la vente des H200 à la Chine, avec un argument clair, éviter que ces puces ne servent au développement de technologies militaires chinoises.

Ce n’est qu’en décembre 2025 que Washington a autorisé Nvidia à vendre ces processeurs à des clients chinois approuvés. Problème, à ce moment-là, la H200 avait déjà deux ans. En janvier, Reuters rapportait ensuite que la Chine avait accepté d’importer plusieurs centaines de milliers de ces puces. Puis, en mai, l’agence expliquait que les États-Unis avaient donné leur feu vert à dix entreprises chinoises, dont ByteDance et Tencent, pour en acheter.

Bref, les livraisons semblent maintenant atteindre les groupes approuvés.

Pékin veut les puces, mais sans lâcher ses propres fabricants

Le plus intéressant est peut-être là. ByteDance et Tencent sont autorisés à acheter jusqu’à 100.000 puces chacun, mais la Chine voudrait que la majorité reste hors du continent. L’objectif est double, accélérer l’IA locale sans casser l’élan de l’industrie nationale des semi-conducteurs.

Les autorités chinoises auraient demandé aux entreprises d’expédier leurs commandes vers Hong Kong. Un détail qui pique un peu, elles n’y ont pas de centres de données à l’heure actuelle. Dans le même temps, le secteur chinois des puces est en pleine montée en puissance, porté par des fabricants qui développent leurs propres accélérateurs pour l’IA afin de réduire la dépendance aux produits étrangers et de répondre aux contrôles à l’exportation américains.

Résultat, Pékin ouvre une porte à Nvidia, mais garde l’œil sur sa propre filière.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

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