En bref
- Hugging Face est devenu un acteur central de l’IA, avec des millions de modèles, d’applications et de développeurs.
- Nvidia le rachète pour 12,93 milliards de dollars, tout en promettant de préserver son ouverture et le choix des technologies.
- L’objectif de Nvidia est de renforcer son écosystème IA, vendre davantage de calcul et peser sur l’avenir de l’IA ouverte ainsi que sa cybersécurité.
Trois millions de modèles, un million d’applications, plus de 18 millions de développeurs. Hugging Face n’est plus juste un nom familier de l’IA, c’est un carrefour. Et Nvidia vient de mettre la main dessus pour 12,93 milliards de dollars.
Une place centrale dans l’IA grand public et pro
Fondée en 2016, Hugging Face héberge aussi près de 500.000 jeux de données. Sa montée en puissance s’est accélérée à mesure que les modèles se multipliaient sur sa plateforme, au point de devenir un passage quasi obligé pour tester, publier ou déployer des outils IA.
Le groupe avait déjà levé 395 millions de dollars. Son dernier tour, en 2023, atteignait 235 millions de dollars, avec notamment Salesforce Ventures, Google, Amazon, IBM et déjà Nvidia au tour de table.
Nvidia promet une plateforme ouverte, sans obligation matérielle
Dans son message, Jensen Huang, le CEO de Nvidia, assure que Hugging Face restera une plateforme ouverte pour tout l’écosystème IA. Les développeurs, dit-il, garderont le choix des modèles, des frameworks, des clouds, des services d’inférence et des plateformes de calcul, sans obligation d’utiliser les puces de Nvidia.
Jensen Huang met aussi en avant les contributions de son groupe sur Hugging Face, avec plus de 500 modèles et 250 jeux de données ouverts déjà publiés. Clairement, le message est simple, rassurer la communauté avant qu’elle ne voie rouge.
Pourquoi ce rachat compte autant pour Nvidia ?
Pour Nvidia, l’intérêt est limpide. Le géant domine déjà le hardware IA pour l’entraînement et l’inférence. Contrôler une plateforme ouverte aussi centrale lui donne un levier énorme pour façonner un environnement favorable à ses puces.
Il y a aussi un angle business très concret. En associant l’offre de Hugging Face à sa propre infrastructure, Nvidia peut vendre aux entreprises de la capacité de calcul inutilisée, empaquetée dans des services plus faciles à consommer.
Une cible en forte croissance, déjà courtisée
L’an dernier, Hugging Face avait rejeté une offre de 500 millions de dollars venue de Nvidia. Un mois plus tôt, des informations faisaient état d’un revenu annualisé de près de 150 millions de dollars.
En juillet 2026, Clem Delangue expliquait que la croissance rapprochait l’entreprise de la rentabilité. Puis il a remercié sa communauté sur le réseau social X, en estimant qu’elle avait prouvé qu’une alternative aux API fermées était possible, mais qu’un passage à plus grande échelle exigeait davantage de calcul, de soutien, de collaboration et de visibilité.
L’IA ouverte, enjeu économique et cybersécurité
Ce rachat colle à la stratégie défendue depuis des mois par Jensen Huang. Le patron de Nvidia pousse les modèles ouverts, qu’il présente comme un atout face à des rivaux comme la Chine. Son groupe a aussi signé un accord de 6 milliards de dollars avec Poolside et dit avoir injecté plus de 50 milliards de dollars dans les laboratoires d’IA de pointe.
La cybersécurité pèse aussi dans le dossier. En juillet, Clem Delangue affirmait qu’un modèle ouvert de Nvidia avait aidé Hugging Face à résister à des cyberattaques après l’échec de modèles propriétaires. Quelques jours avant, OpenAI reconnaissait qu’un de ses modèles non publié avait compromis Hugging Face. Là, on parle autant de défense que d’IA.