En bref
- Anthropic accélère massivement ses investissements en calcul, avec deux contrats de 35 et 45 milliards de dollars pour développer l’infrastructure de Claude.
- La croissance de Claude et de Claude Code fait exploser les besoins en puissance de calcul, notamment avec les usages d’agents IA et de programmation.
- Nvidia s’impose au cœur de cette course à l’infrastructure, en fournissant les puces et en multipliant les liens financiers et technologiques avec Anthropic.
En une semaine, Anthropic a engagé autour de 86 milliards de dollars sur deux gros accords de calcul pour Claude. Le dernier en date porte sur 35 milliards de dollars avec Lambda, pour accéder à une nouvelle infrastructure au Texas. Dit comme ça, le chiffre paraît presque absurde. Pourtant, il raconte assez bien la course actuelle à l’IA.
Une semaine, deux chèques géants
Le projet texan, développé par Hut 8 dans le comté de Nueces, doit fournir à Anthropic environ 350 mégawatts de capacité. La puissance de calcul reposera sur des GPU de Nvidia, avec un objectif clair, absorber la demande grandissante autour de Claude.
Et ce n’est même pas le plus gros mouvement récent. Quelques jours plus tôt, Anthropic s’était déjà engagé sur 45 milliards de dollars auprès de Nscale, sur six ans, pour un campus de centres de données en Virginie-Occidentale. Cet accord couvre environ 460 mégawatts et doit s’appuyer sur les futures puces Vera Rubin de Nvidia.
Claude ne consomme plus comme un simple chatbot
Quand vous envoyez une requête à Claude, elle finit sur du matériel spécialisé dans un centre de données. Multipliez ça par des millions de prompts, d’appels API et de tâches confiées à des agents IA, et la facture explose.
Anthropic ne dimensionne pas seulement pour l’usage actuel. La société prépare la suite. En mai, elle indiquait que son revenu annualisé avait dépassé 47 milliards de dollars, contre près de 9 milliards de dollars fin 2025. Une partie de son dernier financement devait justement servir à étendre la capacité de calcul pour répondre à la demande de Claude.
Le cas de Claude Code pèse lourd. Son revenu annualisé a dépassé 2,5 milliards de dollars, ses utilisateurs actifs hebdomadaires ont doublé depuis le début de 2026, et les abonnements entreprises ont été multipliés par quatre. Pas étonnant, un agent de code ne répond pas juste une fois. Il inspecte des fichiers, écrit, lance des commandes, vérifie, corrige, recommence. Ça tire fort sur l’inférence.
Plus de calcul, ça change quoi pour les utilisateurs
Concrètement, plus de capacité ne rend pas automatiquement un modèle plus malin. Mais ça change combien de personnes peuvent l’utiliser, à quelle fréquence et pour quelles tâches.
On l’a déjà vu avec le partenariat annoncé en mai avec SpaceX. Anthropic a pu doubler les limites d’usage sur cinq heures de Claude Code pour les offres Pro, Max, Team et certains clients Enterprise, retirer une restriction aux heures de pointe et relever les limites API pour les modèles Claude Opus. Bref, l’infrastructure finit par se voir côté utilisateur.
Nvidia au centre du jeu
Dans ce dossier, Nvidia est partout. Lambda est soutenu par Nvidia, le site texan utilisera son matériel, et le bail du centre de données serait même porté par Nvidia. La société est aussi investisseur dans Anthropic.
Les deux groupes avaient annoncé en novembre un partenariat plus large autour du matériel Nvidia et de l’optimisation des futures architectures pour les charges IA d’Anthropic. Anthropic a aussi annoncé l’an dernier un investissement de 50 milliards de dollars dans des centres de données américains avec Fluidstack. Le message est limpide, la bataille des modèles passe aussi par l’accès à l’électricité et aux puces. Et là, Nvidia tient une place énorme.