En bref
- GoPro cherche avant tout à survivre, avec une fusion à 285 millions de dollars qui doit aussi effacer 92 millions de dollars de dette.
- La marque veut se diversifier au-delà des caméras, notamment vers la défense et les technologies de pointe, mais sa nouvelle stratégie reste floue.
- Starman Optical apporte encore beaucoup d’incertitudes, alors que GoPro sort de plusieurs années difficiles marquées par les pertes, les licenciements et les besoins urgents de financement.
Le plus important, pour GoPro, c’est simple, survivre. La marque de caméras d’action va être reprise pour 285 millions de dollars via une fusion avec Starman Optical, une opération qui doit aussi faire disparaître 92 millions de dollars de dette. Et vu l’état des finances du groupe ces derniers mois, ce n’était pas du luxe.
Une fusion pour éviter la sortie de route
Concrètement, Starman Optical a accepté de fusionner avec GoPro. Les actionnaires de GoPro recevront 1,14 dollar par action et conserveront près de 10% de l’entreprise issue du rapprochement.
La finalisation est attendue d’ici la fin de l’année. GoPro doit rester une société cotée en Bourse, ce qui change un peu la lecture du dossier, on n’est pas sur une disparition pure et simple de la marque.
Le virage promis va bien au-delà des caméras
Ce rachat arrive peu après un signal assez étonnant. GoPro avait expliqué envisager un basculement partiel, d’un fabricant de caméras vers une entreprise plus tournée vers les technologies de défense.
Le groupe affirme encore vouloir tirer davantage de valeur de sa propriété intellectuelle et de son potentiel de croissance sur trois terrains, le grand public, le marché commercial et la défense. Il promet aussi de continuer à soutenir ses produits actuels tout en investissant dans une feuille de route plus large. Bref, la promesse est là. Le cap précis, beaucoup moins.
Starman Optical, un acheteur encore difficile à lire
C’est sans doute le point le plus flou. Starman Optical n’a pas vraiment d’historique solide permettant de juger sa capacité d’exécution.
L’entreprise se présente comme un spécialiste de l’optique et de la photonique, centré sur les transceivers optiques et des technologies associées via Starman New Photonics. Les deux structures appartiennent à Starman Holdings, propriétaire notamment des marques tech grand public Griffin, Incipio et Incase.
Autre détail qui compte, Starman Optical n’a été créée dans le Delaware que le 31 août, tandis que Starman New Photonics semble dater de 2025 et construit un site de production dans le New Jersey. Son dirigeant, Charles Tebele, met en avant l’intérêt stratégique des composants optiques pour l’IA, la sécurité nationale et l’économie, avec l’objectif de relocaliser une partie de la production aux États-Unis.
GoPro cherchait de l’oxygène depuis des mois
Il faut se souvenir d’où vient GoPro. Introduite en Bourse en 2014, la société vendait alors des millions de caméras par an. Ensuite, les diversifications dans les drones puis les caméras à 360 degrés n’ont pas vraiment pris, avant un recentrage sur des modèles plus haut de gamme destinés aux pros, aux sportifs et aux prosumers.
Mais ce recentrage s’est accompagné de plusieurs vagues de licenciements. En juin dernier, GoPro avait même averti ses actionnaires qu’elle risquait de ne plus pouvoir continuer sans nouveaux financements. Puis, en juillet, son fondateur et patron Nick Woodman avait remis 20 millions de dollars dans l’entreprise pour tenir. Quelques jours avant l’annonce, le youtubeur Markiplier révélait aussi avoir accumulé une participation de 8,5% dans GoPro. Autant dire que la partie n’est pas finie.