Depuis peu, un gazole ne répondant pas entièrement aux normes habituelles est disponible dans certaines stations-service. Cette mesure temporaire vise à faire face à des difficultés d’approvisionnement qui touchent actuellement le réseau français de distribution de carburant.
Tl;dr
- Diesel d’été temporairement autorisé pour stabiliser le marché.
- Risque de démarrage par temps froid accru.
- Additifs « anti gel » recommandés dans les zones froides.
Le contexte : la hausse persistante des carburants
Depuis un mois, la flambée du prix des carburants inquiète automobilistes et professionnels du transport. La guerre qui secoue le Moyen-Orient n’a fait qu’accentuer cette tendance, propulsant le gazole au-delà de la barre symbolique des deux euros le litre dans de nombreuses stations françaises. Face à cette pression, l’État a choisi d’agir en autorisant, de façon exceptionnelle et temporaire, la commercialisation d’un diesel normalement interdit.
Une mesure inédite et ses justifications
Jeudi dernier, c’est par une inscription officielle que le gouvernement a entériné cette dérogation jusqu’au 31 mars. Ce carburant, non conforme aux standards saisonniers en vigueur, est désormais disponible sur le site de Fos-sur-Mer. Selon les autorités, cette initiative permettrait « d’augmenter de 20 % la production de gazole », d’injecter davantage d’hydrocarbures sur le marché et – espèrent-elles – de limiter les tensions sur les prix.
En pratique, il s’agit donc d’autoriser dès à présent le « gazole été », qui aurait dû arriver début avril seulement. Mais ce choix technique n’est pas anodin : ce carburant ne répond pas aux exigences habituelles du test TLF (Température Limite de Filtrabilité) qui garantissent une résistance au froid adaptée à la période hivernale.
Quels risques pour les automobilistes ?
L’utilisation anticipée du gazole été n’est pas sans conséquences. En cas de températures négatives – ce qui reste probable jusqu’à la fin mars, notamment en altitude –, ce diesel risque de cristalliser plus tôt et ainsi boucher filtres ou injecteurs. Selon le site spécialisé Eurowag, ces problèmes peuvent apparaître « dès cinq degrés au-dessus du seuil garanti par la TLF ». Pour schématiser :
- Démarrage difficile ou impossible par grand froid ;
- Bouchage possible des circuits d’alimentation ;
- Dépannage plus fréquent dans les zones montagneuses.
Solutions pour éviter l’immobilisation
Malgré tout, il existe des parades simples. Les automobilistes confrontés à des nuits glaciales peuvent recourir à des additifs « anti gel », disponibles dès sept euros pour un plein standard. Ces produits permettent d’abaisser significativement la température critique du carburant – parfois jusqu’à -20°C – et donc d’assurer une meilleure fiabilité du moteur malgré l’utilisation de ce gazole non conforme.
Ainsi, même si cette dérogation suscite quelques interrogations légitimes chez certains conducteurs, elle s’impose comme une réponse pragmatique à une situation exceptionnelle sur le marché français du carburant.