Nicolas Demorand : ce que prévoit la loi sur l’internement forcé en établissement psychiatrique

Le passage de Nicolas Demorand à l’hôpital Sainte-Anne relance une question simple : dans quels cas peut-on être hospitalisé sans accord ?

Un soignant en blouse claire, vu de dos, pousse un
Image d'illustration. Un soignant en blouse claire, vu de dos — ADN

En bref

  • Une hospitalisation forcée reste légalement possible
  • Deux conditions médicales doivent être réunies
  • Deux certificats sont obligatoires

En France, une personne souffrant de troubles mentaux peut être hospitalisée sans son accord. La loi encadre ce cas de façon précise. Il faut, d’une part, que son état rende son consentement impossible. Et, d’autre part, que des soins immédiats soient nécessaires avec une surveillance constante à l’hôpital.

C’est le point central du texte cité par la source. On ne parle donc pas d’une simple admission décidée unilatéralement, mais d’une procédure réservée à des situations où l’état de la personne impose une prise en charge en milieu hospitalier.

Ce que la loi autorise vraiment

Le Code de la santé publique fixe deux critères cumulatifs. Le premier tient à l’impossibilité, pour la personne concernée, de donner un accord valable aux soins. Le second porte sur l’urgence de la situation, avec la nécessité de soins assortis d’une surveillance continue à l’hôpital.

Autrement dit, l’hospitalisation sans consentement n’est pas présentée par le texte comme une mesure de confort ou d’organisation. Elle répond à une situation médicale jugée suffisamment grave pour justifier un cadre contraint.

Qui peut demander l’admission

La demande ne peut pas venir de n’importe qui. Le texte prévoit qu’elle soit présentée par un membre de la famille ou par une personne susceptible d’agir dans l’intérêt du malade.

Les personnels soignants de l’établissement qui accueille ensuite le patient sont, eux, exclus de cette démarche. Ce point compte, parce qu’il sépare la demande d’admission de la structure qui recevra la personne.

Deux certificats médicaux sont exigés

La procédure ne s’arrête pas à une demande d’un proche. Elle doit aussi être accompagnée de deux certificats médicaux, rédigés depuis moins de quinze jours et suffisamment détaillés.

Là encore, le cadre est resserré. Au moins un de ces deux certificats doit venir d’un médecin extérieur à l’établissement d’accueil. Résultat, la loi impose un double regard médical avant qu’une hospitalisation sans consentement puisse être engagée.

Le cas de Nicolas Demorand remet le sujet en lumière

Si cette question revient aujourd’hui, c’est à cause du témoignage autour de Nicolas Demorand. Le journaliste, absent pendant sept mois de l’antenne de France Inter, a combattu une lourde dépression liée notamment à sa bipolarité.

Selon la source, il a été interné de force à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, durant cette période. Il lance ce lundi 15 juin 2026 un nouveau podcast, Si besoin. Et son parcours remet en lumière une procédure peu connue, mais bien prévue par la loi française.

Jérôme Nelra

Spécialiste Société

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